Pourquoi tu t’en vas ?

Pourquoi tu t’en vas ? Pourquoi ces valises et ce billet d’avion devant toi ? Pourquoi un aller-simple ? Toi qui, à 23 ans, n’a jamais pris l’avion, tu vas bientôt t’envoler vers d’autres horizons. Un océan nous séparera et on ne sait pas encore quand on te reverra. Bien sûr, je me dis qu’à l’âge que tu as, tu fais bien de faire de nouvelles expériences et de désirer découvrir le vaste monde. Aller au devant de nouvelles cultures, de nouvelles coutumes, découvrir les saveurs d’une autre cuisine, laisser d’autres mots et d’autres sons venir te chatouiller les oreilles ont un charme que je peux comprendre pour les avoir ressenti un jour.

Mais j’ai peur pour toi, vas-tu facilement trouver un emploi ? Ton logement ne sera-t-il pas trop insalubre ? Et ta santé ? Toi que je trouve si mince, ne vas-tu pas encore perdre du poids en essayant de t’habituer à une nouvelle façon de se nourrir ? Et le paludisme, y as-tu pensé ? Oui, je sais que tu as prévu la moustiquaire, et la bombe anti-moustique, mais il y a aussi le problème de l’eau qu’il va falloir purifier avec ces pastilles que tu as achetées, toi qui es si souvent désinvolte, y penseras-tu ?

Ici, ça va nous faire drôle de faire les repas de famille sans toi. Quand une famille est unie et soudée comme la nôtre, quand tous ses membres ne sont jamais loin les uns des autres, quand on a l’habitude de se voir régulièrement, ça fait mal de devoir se séparer pour longtemps.

Mais tu es déterminé, et quelque part je trouve ça rassurant. Ce n’est donc pas un coup de tête mais un projet mûrement réfléchi. Alors je vais essayer d’arrêter de me poser toutes ces questions et apprendre à accepter ta décision. Tu es libre comme l’air et peut-être as-tu l’impression d’étouffer par ici…

Et puis, je me dis que, quand on est jeune, on a souvent l’impression que l’herbe est plus verte ailleurs, alors on s’en va, pressé d’en découvrir toutes les saveurs. Mais qu’arrive-t-il quelques fois, quand la routine de la vie quotidienne a repris ses droits et que s’estompe l’excitation des joies de l’aventure ? Alors soudain, on prend conscience de ceux qu’on a laissé derrière soi, ces personnes qui t’aiment, qui pensent et se soucient de toi. Et comme une couverture bien chaude que tu aurais repoussée parce qu’elle t’étouffait, tu as alors une envie folle de venir t’y pelotonner à nouveau, au moins pour quelques instants.

Je vais donc patiemment attendre cet instant, ce moment où volontairement tu nous reviendras pour quelques jours, semaines ou mois et où nous pourrons te serrer dans nos bras.

Source Pinterest
Source Pinterest
Publicités

25 réflexions sur “Pourquoi tu t’en vas ?

  1. L’éloignement est douloureux et nous devons faire une sorte de deuil…sans jamais faire paraître une quelconque tristesse puisque au fond, tout va bien. Heureusement que les moyens de communication à distances permettent de relier autrement mais souvent en mieux, deux êtres si loin l’un de l’autre…Je connais ça…
    Très très beau texte, Karine ! Je te fais plein d’énormes bisous…à distance 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Oui, c’est douloureux… Mais comme tu dis, heureusement qu’on dispose aujourd’hui de moyens de communication comme jamais auparavant ! Merci beaucoup Aline pour ton com et ta fidélité qui réchauffe mon cœur ! Plein de gros bisous et à bientôt ❤

      J'aime

    • C’est jamais simple pour les proches de laisser partir un membre de la famille… Mais en même temps, on veut le bonheur de celui qui part, et si c’est en partant qu’il pense le trouver alors… Merci infiniment pour ton com ma Asmaa ! Ça fait du bien de te lire ! Grosses bises et belle soirée ❤

      Aimé par 1 personne

  2. Coucou !

    Je rejoins La Fripouille, moi aussi cela me fait penser à mes parents qui m’ont vu partir pour les études et puis, finalement, jamais rentrée pour de vrai… Une famille soudée qu’on est, et moi, fille unique en plus… maintenant que je suis maman à mon tour, j’y pense trop souvent à ça, à ce sentiment qu’ils doivent éprouver tous les jours. C’est dur, je pense, même s’ils ne l’expriment pas parce qu’ils sont toujours là pour m’encourager…

    Très joli billet !

    Bisous bisous

    Aimé par 1 personne

    • On doit certainement s’habituer, petit à petit, à l’éloignement, mais la séparation est franchement douloureuse ! Donner de ses nouvelles régulièrement devient alors essentiel. Merci pour ton com qui me fait très plaisir, Margarida. Bisous bisous ❤

      Aimé par 1 personne

  3. Très beau texte en effet. L’éloignement est difficile mais la perspective de nouvelles expériences et de belles découvertes est en soi, très positif.
    J’ai souvent rêvé de partir avec un aller simple, à l’aventure mais je n’en ai jamais eu le courage.
    Je te souhaite une belle semaine Karine.

    Aimé par 1 personne

    • C’est vrai qu’il faut beaucoup de courage pour partir à l’aventure et j’admire sincèrement ceux qui y parviennent. Mais quand c’est un de tes proches, tes sentiments sont un peu plus partagés… Merci beaucoup pour ta fidélité, Séverine. Belle semaine à toi aussi. Bises

      J'aime

  4. Les 3/4 de notre famille vit à l’étranger. Parfois c’est dur. Surtout pour les fêtes ou les coups durs mais aussi pour les événements heureux. On aimerait que ceux qu’on aime soit près de nous. Et puis on s’inquiète plus vite aussi quand on est loin, on se sent souvent impuissant. J’ai l’impression de moins en moins bien gérer l’éloignement en vieillissant. D’un autre côté ce sont de formidables expériences pour ceux qui partent, souvent très enrichissantes. Et puis ça forge un caractère de devoir affronter seul les difficultés. Les voyages forment la jeunesse! Et c’est bien vrai. Bises Karine. Ne te fais pas trop de soucis, tout ira bien.

    Aimé par 1 personne

    • Oui, je te comprend… Plus les années passent et plus on a besoin de ses proches autour de soi. Mais quand on est jeune, on ne pense pas ainsi, et c’est pourquoi les jeunes prennent la poudre d’escampette ! Ce qui est positif, comme tu le dis, c’est que les voyages sont très enrichissants ! Bon courage à toi aussi, chère Cendrine… Grosses bises et belle semaine.

      J'aime

  5. Celui qui part est heureux, son avenir remplit de mille et une promesses, son coeur léger. Mais le plus dur c’est bien pour ceux qui restent.
    A son âge, ce départ est une chance dont il sortira grandit, plus mûr, plus sûr de lui. Pour toi Karine et tout ceux qui l’aiment, c’est une épreuve forcément. Mais ainsi va la vie…
    Je t’embrasse bien fort et t’envoi de tendres pensées de Paris

    Aimé par 1 personne

  6. Notre famille vit sur les 5 continents et c’est vrai qu’entre cousins on s’est perdu un petit peu de vue. Mais tu parlais de résilience et le fait de rebondir : partir c’est rebondir, se changer, faire le deuil de quelque chose pour avoir autre chose et c’est tout simplement la vie.
    Le fait d’aller ailleurs, et tu le dis, peut enrichir la personnalité, permet de s’affranchir d’un certain nombre de carcans et donc de se sentir plus libre.
    Je suis plutôt pour encourager les oisillons de quitter leur nid. Je l’ai fait et je ne le regrette pas et mes pousses l’ont fait aussi et je suis ravie pour eux car cela signifie que j’en ai fait des adultes assez surs d’eux pour qu’ils OSENT.
    Grosses bises Karine

    Aimé par 1 personne

    • Mais oui, tu as entièrement raison, Sabina, pour tous les bienfaits qu’apportent les voyages ! Je suis d’accord, bien sûr, puisque moi-même, il y a quelques années, j’avais l’âme d’une aventurière. Mais il n’en demeure pas moins que ceux qui restent souffrent de cette séparation et on besoin d’un peu de temps pour s’y adapter… Je trouve génial ton attitude vis-à-vis de tes « petits oisillons » 😉 Gros bisous et bon weekend !

      J'aime

  7. Coucou ma belle!

    quel article touchant! nous sommes aussi très soudé et nous vivons proche les uns des autres, je sais que dans ton cas je vivrai mal l’éloignement même s’il faut laisser et soutenir!
    Plein de courage malgré tout car ça ne sera pas toujours facile!

    Belle soirée bisous

    Aimé par 1 personne

  8. oh comme je te comprends ! Moi aussi j’ai été confrontée à cette séparation quand ma fille ainée est partie pour Prague dans le cadre de ses études. Elle n’avait -que- 21 ans et dans ma tête elle en avait 5 et ne pourrait jamais se débrouiller toute seule ! Je me revois encore en larmes à Roissy … et puis elle est revenue …et puis repartie pour New York toujours pour ses études (donc je n’avais aucune raison valable d’essayer de la convaincre de rester ) et puis encore revenue …
    Comme tu dis, Facetime et Skype m’ont beaucoup aidée et du coup maintenant qu’elle vit à Paris (pour combien de temps encore, les jeunes ont la bougeotte et un avenir potentiel bien meilleur dans d’autres pays…,) plus à la maison mais pas trop loin, je savoure pleinement les moments où nous avons la chance de pouvoir nous retrouver en famille (y compris avec mes parents qui ne sont plus tout jeunes..) Ne t’en fais pas les familles soudées ont cela de particulier: elles restent soudées par delà les distances… Bizz

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s