Mon facteur et moi, au fil du temps…

Te souviens-tu de ce temps, pas si lointain, où, fébrile, l’oreille tendue, le cœur battant, tu guettais sa voiture jaune, ou peut-être son vélo, sa mobylette ? Te rappelles-tu de ces petits bruits caractéristiques qui te faisaient tressaillir et dégringoler les escaliers comme jamais aucune autre chose ne pouvait le faire ?

Moi, je me souviens…

Je me rappelle très bien quelle était mon excitation quand, pendant les vacances scolaires, j’attendais, chaque matin, la venue de mon facteur. J’aimais aller ouvrir la boîte aux lettres pour recueillir ses surprises comme autant de trésors. J’espérais toujours qu’une petite lettre me serait adressée, une lettre de mon grand-père, d’une amie, d’un copain…

Une année, en classe, je m’étais fait deux très bonnes amies. Nous formions un véritable trio de choc, si bien que, pour nous amuser, nous nous étions trouvé un nom : « les trois drôles de dames ». Mais, à chaque vacances, c’était un véritable calvaire de nous séparer. Alors, nous nous sommes promis de nous écrire tous les jours, et c’est ce que nous avons fait. Chaque matin, nous recevions nos lettres, nous y répondions dans la journée et les postions avant la dernière levée de courrier. C’était génial !

J’aimais aussi recevoir ces enveloppes aux odeurs exotiques, au parfum d’ailleurs. Souvent, elles étaient blanches avec les bords bardés de rouge et bleu, leur timbres étaient toujours exceptionnels et me faisaient voyager rien qu’en les regardant. Une venait du Kenya, de la part du gentil guide africain dont ma maman et moi avions fait la connaissance sur une plage de Mombasa. Cette autre venait d’Italie, d’un garçon qui deviendrait un jour mon ami, ou encore, des Etats-Unis, de cette afro-américaine qui adorait la France.

Et puis, il y avait toutes ces lettres de mes amis du nord de la France, ces amis qui me manquaient tant depuis le déménagement. Il ne se passait pas un mois sans que nous nous écrivions.

Il y eu aussi ce jour terrible pour la petite adolescente que j’étais. Ce jour-là, mon facteur, au lieu de déposer comme à son habitude le courrier dans la boîte aux lettres, sonna à la porte. Ma maman est allée ouvrir, moi sur les talons. Et là, franchement, je n’en menais pas large car mon facteur tendait à ma mère une lettre en lui disant qu’il ne comprenait pas pourquoi il voyait mon nom sur l’enveloppe mais accompagné d’une adresse différente à celle de mes parents. Ben oui, j’avais voulu recevoir cette lettre au domicile d’une amie pour éviter que mes parents ne puissent la lire car elle provenait d’un garçon qu’ils m’avaient formellement interdit de fréquenter… Ce jour-là, je crois bien que j’ai détesté ce facteur sans jugeote !

Et puis, il y eu ces lettres que je garde précieusement dans une jolie boîte en carton. Ces lettres là, il me plaît de les relire quelques fois pour me souvenir des débuts passionnés de ma relation amoureuse avec Chéri. On s’écrivait beaucoup. Par ces lettres, on se découvrait, se chamaillait, s’aimait, s’explorait, se confiait… On apprenait à se connaître…

Aujourd’hui, les temps ont changé. Maintenant, le papier a laissé place à l’électronique. Tout va beaucoup plus vite. Tout est instantané. Sms, mms, email, émoticônes, ont doucement remplacé les trésors des boîtes aux lettres. Je ne m’en plains pas, loin de là, je suis juste mélancolique…

Maintenant, je ne coure plus à la boîte aux lettres. Je ne suis plus aussi pressée d’entendre mon facteur arriver. Il m’arrive même d’oublier de prendre mon courrier pendant un ou deux jours. Pourquoi serais-je pressée d’aller récupérer des factures, des offres de prêts à la consommation, des publicités pour une nouvelle lessive ? Non, vraiment, la venue de mon facteur a perdu tout son charme…

Et pourtant, il arrive de temps en temps que son attrait d’autrefois resurgisse soudain quand je découvre, lovée entre deux journaux sans grand intérêt, la carte d’une amie, d’une fille que je n’ai jamais rencontrée mais dont je partage l’univers jour après jours, semaine après semaine. Cette fille là est une blogueuse qui, par sa carte, a réussi a défier le temps qui passe.

On pourrait donc concilier charme d’antan avec modernité du moment ?! Chouette alors ! Bon ben du coup, mon facteur a repris du galon ! Vite qu’il arrive…

Source Pinterest
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32 réflexions sur “Mon facteur et moi, au fil du temps…

  1. Ouiii ! C’était un temps où la première chose qu’on faisait en arrivant sur un lieu de vacances, c’était d’aller voir sur la boite jaune l’heure de départ du courrier, pour être sûre de ne pas le louper… Que de souvenirs !

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  2. oui, c’est tellement ça ! Les correspondances avec les copines qui habitent loin, celles qu’on connaissait meme pas en vrai, les p’tits colis … ca n’a rien a voir désormais, tout se passe par mail, il n’y a plus ces lettres qu’on peut relire, ces p’tits dessins griffonnés, ces fleurs séchées …
    Dommage, quand meme

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  3. Merci pour cette replongée en enfance, ce petit goût de madeleine^^ Quand j’étais ado, j’avais des correspondants étrangers, on s’envoyait des lettres, de vrais romans remplis de nos vies et puis internet est arrivé et le plaisir d’autres rencontres avec 😉 Bisous ❤

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  4. Je suis comme toi j’adore ce moment « en mode attente » de la venue du facteur ! Mon fils est comme moi car il sait que sa mamy lui envoie des choses (il n’y a qu’elle d’ailleurs …. !).
    Comme toi, je suis nostalgique des lettres, des petites cartes qu’on reçevait !
    Je n’écris pas souvent c’est vrai mais par contre, l’été c’est un rituel que de choisir mes cartes pour les gens à qui je vais écrire !:
    Gros bisous ma belle

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  5. Moi je continue à attendre mon facteur.
    Comme j’aime encore passer par le courrier sous forme de lettres, j’en reçois. C’est agréable de lire une première fois la missive, de la relire, de commencer à préparer dans sa tête la réponse, de la refaire tout au long de la journée, de l’écrire au bout de quelques jours pour la confier à la boîte jaune. Pour finir on est certain que le tout sera attendu à l’autre bout de la chaîne, parfois à l’autre bout de la terre. Un moment où on vit à l’aune du temps réel et non pas virtuel.
    Je viens d’ailleurs de terminer mon marathon annuel avec les cartes de vœux et je sais, parce qu’ils me l’ont écrit, que beaucoup attendent mes cartes (fabrication maison)…
    Bonne soirée

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  6. Comme tu le sais Karine, je reste fidèle au courrier manuscrit, carte ou lettre. J’aime encore écrire et quand j’ouvre ma boite aux lettres le soir, je regarde toujours si une lettre m’attend entre journaux et factures.
    Merci pour cette jolie évocation de souvenirs qui sont aussi les miens. J’avoue ouvrir avec moins d’entrain ma boite mail!
    Grosses bises et belle journée

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  7. J’ai encore ma boite de cartes postales, que de souvenirs… et ceux-là, restent, on peut s’y replonger de temps en temps.
    Ma boite aux lettres, je n’y vais plus tous les jours (elle ne contient que des relevés de compte et factures) mais je m’y précipite lorsque j’attends un colis.
    Bise

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  8. C’est bien vrai que le facteur a perdu de son panache. Je me souviens que petite, moi aussi je le guettais puis faisais la course avec ma soeur à son arrivée pour récupérer les lettres. J’avais une amie qui m’en voyais des lettres avec pleins de tampons de toutes les couleurs! Merci pour ce joli texte, cela m’a remémoré plein de chouette souvenir!

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  9. C’est incroyable le talent que tu as de faire resurgir des souvenirs chez chacune de nous ! Le facteur, moi je l’attends fébrilement lorsque des amies blogueuses m’envoient des plantes de leur jardin ou des graines que je vais, à coup sûr, bichonner plus que mes achats en magasins ! J’avoue que les lettres, je n’en reçois plus et…n’en écris plus…une page est tournée 🙂 Gros gros bisous ma Belle !

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  10. Quand j’étais petite, le facteur pour moi était synonyme de nouvelles de ma marraine qui vivait en Afrique loin de nous. C’était la soeur de ma mère, sa soeur la plus proche mais qui suivait son mari de pays en pays pour son travail. Chaque semaine, le facteur apportait une longue lettre d’elle. C’était le moment où ma mère et moi nous nous asseyions sur le canapé, mon père écoutait aussi de loin, et là ma mère nous lisait le roman, car oui, il s’agissait de plusieurs grandes pages de papier avion (je ne sais meme plus si cela existe encore ce papier à lettres spécial avion qui était plus léger que les autres).
    J’adorais ces moments là.

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  11. Je me retrouve totalement dans ce texte. Mais je continue à regarder dans la boite aux lettres. Beaucoup moins de courrier mais des mots de ma gardienne me demandant de passer à la loge récupérer des paquets (gourmands en général).
    A bientôt

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  12. Joli texte!
    Je me rappelle qu’au collège, on adorait s’écrire des lettres avec mes amies et aussi, je recevais des cartes postales de ma cousine en vacances…
    Moi qui adore écrire des lettres, je trouve cela triste que cette méthode de communication est super rare, aujourd’hui!
    Mais-mais! j’ai quand même quelques correspondantes avec qui j’échange de jolies lettres, heureusement. ❤

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  13. C’est si joli!
    encore aujourd’hui même marié et vivant ensemble il m’arrive d’écrire une lettre à mon chéri!

    je trouve que cela à une valeur totalement autre, mais même si d’habitude je lui glisse l’enveloppe à un endroit stratégique tu m’as donné envie de lui envoyer un courrier, un vrai qu’il découvrira dans la boite aux lettres!

    merci pour ce beau billet…

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