Elle y croit…

Sur le lit, un uniforme kaki propre et repassé avec soin. Sur le tapis, des rangers cirées. Sur la commode, un képi. Dans le couloir, des enfants qui jouent : « A vos rangs, fixe », « Garde à vous », « Repos »… Dans la cuisine, une femme au regard mélancolique savoure les derniers instants en compagnie de l’homme qu’elle aime. Cet homme au crâne rasé de près est militaire et, en tant que tel, doit rejoindre la caserne d’où il partira pour quelques semaines en manœuvres. Il va apprendre la guerre, jouer au soldat, se préparer au combat, juste au cas où…

La liberté doit-elle irrémédiablement se gagner au bout d’un fusil ? « La liberté », pourquoi ce mot si doux traîne-t-il trop souvent une odeur de mort derrière lui ?

Cette absence pèsera lourd dans le cœur de sa famille. Pour son aînée, une période d’interrogations débutera. Régulièrement, elle demandera à sa mère : « Il est où, papa ? » Et pour toute réponse, elle entendra : « Il est dans un trou, plein de poux qui lui arrivent jusqu’au cou. » De quoi alimenter ses cauchemars… Mais c’est comme ça, la famille ne fait pas partie du paquetage d’un homme dévoué à son pays, elle doit se soumettre, ne pas se plaindre et être fière de contribuer à la liberté.

Mais dans le secret de son cœur, une petite fille ne partage pas ces idées. Elle rêve d’un monde sans guerre, un monde sans arme, un monde de paix et de liberté dans lequel les instruments de destruction seraient transformés en outils utiles pour le bien de tous les humains quel qu’ils soient. Elle y croit…

Source Pinterest
Source Pinterest

Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabrés et Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist.

Mots éparpillés : Avril 2015

Caserne

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30 réflexions sur “Elle y croit…

  1. Tu as très bien évoqué cette douleur saisissante de l’homme qui part défendre notre liberté au prix de sa vie souvent. J’ai les mêmes espoirs que cette petite fille. J’ai envie de croire qu’ils peuvent se réaliser, que la liberté peut être défendue sans les armes.
    Très joli texte Karine. Je trouve que ton style s’étoffe et devient plus libre.

    Aimé par 1 personne

  2. Tellement difficile d’expliquer toute cette haine et ces guerres à nos enfants … D’autant plus difficile quand un membre de la famille est militaire, policier, gendarme …
    Encore un merveilleux texte que tu nous livres là ma Karine …
    Des bisous …. ❤

    Aimé par 1 personne

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