Tu me dis que te couper, c’est comme pleurer…

Depuis que je sais, j’ai mal. Je suis si triste devant ta si grande souffrance affective. Mais merci, merci de ta confiance, merci de m’en avoir parlé.

Tu sais, tu pourrais être mon fils. Je t’ai vu grandir et devenir adolescent. Aujourd’hui, tu as 15 ans et, malheureusement, je ne t’ai jamais senti si mal dans ta peau.

Est-ce le fait de ne jamais avoir connu ton père, tes relations houleuses avec ton frère, le manque d’attention de ta mère qui te rendent si triste ? Tu me dis que cela y contribue mais que ce n’est pas le pire. Non, pour toi, le pire c’est toi.

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Tu ne t’aimes pas. Tu n’aimes pas ton corps qui a grandit si vite. Tu le trouves trop grand, trop maigre, trop blanc. Et tes oreilles, tu aimerais tellement les cacher. Et puis, au lycée, on ne peut pas dire que les choses se passent bien. Tu te sens si solitaire, tu as du mal à te faire des amis, et souvent on se moque de toi.

Oui, tu te sens nul, tu te dégoûtes.

Ta tristesse, puis ton impuissance et enfin ton désespoir te dépriment et te mettent en colère. Toutes ces émotions négatives te submergent parfois à un point tel que tu en viens à te faire du mal, vraiment mal. Tu me dis que te couper, c’est comme pleurer, que ça te soulage, qu’après tu te sens plus léger comme débarrassé d’un poids.

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En fait, à choisir, tu préfères la souffrance physique que la souffrance affective parce qu’elle te fait oublier pour quelques instants ton désespoir. Par elle, tu exprimes ce que tu n’arrives pas à exprimer par des mots.

J’avais entendu parler de l’automutilation, de la scarification. Je savais que certains jeunes se blessent volontairement, en secret, puis honteux cachent soigneusement leurs cicatrices. Cependant, jamais je n’aurais imaginé que ce mal te toucherait.

Mais je suis contente que tu ais eu le courage de m’en parler. A deux, on est toujours plus fort. Alors, quels conseils j’aimerais te donner ? D’abord, je pense que ta maman devrait être au courant. Et puis, il serait bien d’en parler aussi à ton médecin. Il t’aidera à maîtriser tes émotions négatives, à lutter contre le sentiment de ne rien valoir. Essaie de porter un regard plus équilibré sur toi-même en ne te focalisant pas sur tes défauts mais en voyant aussi tes qualités. Et quand tu ne vas pas, appelle-moi, n’hésite pas, quelque soit l’heure.

J’en suis sûre, tu vas t’en sortir. Demain, ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir…

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26 réflexions sur “Tu me dis que te couper, c’est comme pleurer…

  1. Dur sujet Karine. Encore plus dur quand il touche une personne proche. Je crois en effet que la douleur physique écarte un temps la souffrance morale. C’est une forme de protection mais qui fait de sacrés dégâts. En parler c’est déjà un premier pas vers la sortie je pense.
    Plein de courage à ce jeune homme en souffrance. J’espère que les autres adultes qui l’entourent sauront être aussi bienveillants et à l’écoute que toi.

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  2. Oui je confirme ! Demain ce ne sera plus qu’un vieux souvenir qui reviendra à toi au hasard d’un article ou d’une conversation !
    A 15 ans je faisais la même chose et je trouve que le fait que tu réussisses à mettre des mots sur ton mal-être c’est déjà un sacré bout du chemin… Pouvoir te confier à un adulte aussi… Bravo pour ça ! Moi ça m’a pris plus de temps, un temps où les ciseaux, les aiguilles et les cutters ne suffisaient plus et qu’il me fallait ingurgiter tous les médicaments qui me tombaient sous la main, comme pour me soigner, bien entendu, comme tu t’en doutes, ce n’était pas franchement la solution…
    J’espère que tu réussiras à voir le bout de ce tunnel bientôt car tu mérites bien mieux que ça !
    Il y a 20 ans je trouvais que c’était horrible d’aller en parler à un psychologue mais avec le recul ça m’a énormément aidé à devenir ce que je suis, une personne bien et surtout une personne qui s’aime, alors n’hésite pas à t’appuyer sur des gens extérieurs car en famille ce n’est pas forcément facile, ni à 15 ans, ni jamais 😉

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    • Oh Petite Yaye, ton témoignage me touche beaucoup… Je suis contente que tu t’en sois sortie et qu’aujourd’hui tu t’aimes. Je suis sûre que ton commentaire va pouvoir encourager beaucoup de lecteurs qui vivent avec cette souffrance. Merci ! Plein de bises et belle soirée ❤

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  3. En effet c’est un dur sujet. Malheureusement j’ai moi même été à la place de ce jeune homme, je comprends sa souffrance, je ne me rendais pas compte que je faisais également souffrir mon entourage par mes agissements. J’espère qu’il ira mieux très vite.

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    • Merci pour ton témoignage ! Oui, quelques fois, la souffrance est insupportable et on cherche par tous les moyens inimaginables à l’atténuer… Heureuse que ce ne soit pour toi plus qu’un souvenitr ! Belle et douce journée 😉

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  4. Le trouble borderline dont je souffre entraîne l’automutilation, encore aujourd’hui d’ailleurs… d’où mon absence ces derniers temps, parce que je suis dans une phase où c’est plus violent, parce que je perds pieds et que c’est ma drogue… Dans ces moments là, c’est vrai qu’on transfère la douleur mentale vers une douleur physique plus supportable. Je me sens tout autant libérée que lui quand il m’arrive de le faire. J’ai pu être très violente dans le passé, au point de me donner des coups sur le visage et me retrouver aux urgences pour suspiscion de trauma crânien tellement j’avais frappé…
    Il a besoin de pouvoir mettre des mots devant un professionnel. Plus les mots sortiront pour exprimer son mal-être, moins le besoin de se faire mal se fera sentir. C’est bien qu’il ait pu t’en parler en tout cas, de mon côté, personne ne le savait et je le camouflais du mieux que je pouvais, mais j’étais seule à un point… courage à lui en tout cas, j’espère que çà s’arrangera avec le temps et une aide psy et ton soutien à toi aussi. Dans ce genre de situation, le soutien n’est jamais de trop, surtout quand on sent qu’il y a de la compréhension et de l’écoute en face de soi… Courage… Gs bisous et des pensées ❤

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    • Oh ma chère Delphine… J’ai tellement mal pour toi… Merci de ta poignante confidence, merci pour les conseils que tu lui adresses, merci pour ta compréhension. Tu as raison de parler de drogue, s’en est une ! Courage ma belle ! Je t’embrasse bien fort ❤

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  5. Ça m’a donné la chaire de poule. En plus que sa maman ne sache pas, je le dis que mon fils pourrait très bien me le cacher aussi… C’est dur. En tous cas s’il s’est confié à toi c’est peut- être le début … Il a vu en toi un possible soutien et aide. Bon courage . 😘

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    • Je suis vraiment désolée de t’avoir fait peur Cristina 😦 Mais c’est un problème bien réel et à la vue des précédents commentaires bien trop fréquent… Merci pour ton empathie ! Plein de bisous et promis mon prochain post sera plus léger 😉

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  6. Oh oui, des fois la seule façon de se sortir de sa souffrance morale, c’est se couper. J’ai connu ça il y a quelques années. Tu ne peux imaginer à quel point, ça soulage… J’en avais parlé sur mon blog il y a un an (http://lacasadicatwoman.blogspot.fr/2014/01/invisibles-mais-presentes-vie.html) mais à l’époque, personne ne l’avait su.

    C’est bien qu’il t’en ait parlé, ça prouve qu’il a confiance en toi. Il a déjà fait aussi un énorme pas vers la guérison.

    Je vous souhaite beaucoup de courage.

    Bises

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    • Oui, comme une drogue, ça soulage sur le moment… Merci d’avoir partagé ton lien ! J’invite tous ceux qui souffrent de ce mal à le lire pour être ainsi rassuré, on peut guérir ! Grosses bises ❤

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  7. C’est difficile de laisser un commentaire, et en même temps comment ne pas réagir? Il y a un côté beau dans la façon dont tu nous a raconté ceci.
    Courage à toi, c’est toujours violent ce genre de nouvelles, et puis courage à lui surtout, c’est bien qu’il se soit confié, honnêtement c’est bon signe. Et aussi, qu’il et toi se rassure, on arrive à s’en sortit pleinement! C’est parfois un long travail, mais qui en vaut la chandelle!
    Et courage à ceux/celles qui lisent et qui s’y retrouvent!
    Captain Rawr.

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  8. L’adolescence est souvent une période de grande souffrance qui s’exprime de façon parfois brutale et violente… c’est bien qu’il puisse en parler, qu’il fasse confiance à certains adultes… c’est rude… :/

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    • Tu as raison, l’adolescence n’est pas toujours une partie de plaisirs et on s’en sort parfois en y laissant quelques plumes… Oui, en parler est déjà un grand pas vers la guérison. Merci pour t’être exprimée sur ce sujet pas bien gai 🙂 Bises Fedora

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  9. Comment ne pas être touchée par ce témoignage bouleversant et poignant … Déjà en tant que maman, je me demande comment sa maman ne voit pas la souffrance de son fils … et en même temps, on arrive à cacher tellement de choses aux gens qu’on aime …
    Ma Karine, je suis heureuse que ce garçon te connaisse, tu vas l’aider et il va s’en sortir j’en suis certaine.
    Plein de bisous ❤

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    • Oui, c’est drôle comme nos proches peuvent à la fois être proches et éloignés parfois… Comme toi, je reste positive et optimiste, il va s’en sortir ! Merci pour ton empathie ma Kakou ❤ Gros bisous

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  10. Jolie article où l’on se rend compte que l’on n’est pas grand chose face à la souffrance de ceux que l’on aime.
    J’y suis passé des deux cotés. J’ai coupé coupé et recoupé. J’ai vu ma nièce glorifiait le fait de se sacrifier et souffrir souffrir.
    Pour moi, la scarification a été une drogue et elle est toujours là quand ça ne va pas. Là, dans mes pensées mais plus dans mes actes.
    Il a parlé c’est déjà énorme, il sait que tu es là, c’est merveilleux. Mais sache que des fois tu resteras impuissante et que même ton amour te semblera insuffisant mais sur le long terme ça compteras beaucoup alors continue.

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    • Tu as raison, je me sens souvent impuissante devant tant de détresse… Et oui, l’automutilation est une véritable drogue pour ceux qui s’y adonne mais en parler est déjà un grand pas ! Merci pour ton poignant témoignage, il sera utile, j’en suis certaine. Belle et douce journée 😉

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