Préférer aux murs les ponts

Le Pont des ArtsJ’ai toujours été émerveillée par les ponts. Qu’ils soient en pierre, en fer ou en bois, qu’ils soient réels ou virtuels, physiques ou spirituels, je les admire.

L’idée qu’on puisse, d’un pas de géant, aller d’une rive à l’autre, combler les fossés, les ravins, les précipices, rendre possible l’impossible n’a pas fini de m’attirer.

Préférer aux murs les ponts, aux barrières les passerelles telle pourrait être ma devise.

Pourtant, tout autour de moi, de nous, les murs ne cessent de se multiplier, de s’élever toujours plus hauts pendant que les ponts semblent se désagréger à une vitesse qui donne le vertige, presque la nausée.

Pourquoi ? Pourquoi nous cachons-nous derrière nos clôtures ? Pourquoi hésitons-nous à franchir certains obstacles ? Par peur du vide ? Peur de l’inconnu ? De la différence ? De l’autre ?

La sécurité avant tout. Se protéger. Se préserver. Telles sont aujourd’hui nos préoccupations premières et elles sont naturelles, légitimes. Mais cette obsession ne va-t-elle pas trop loin quelques fois, nous enfermant, nous cloisonnant, nous faisant passer à côté de l’essence même de nos êtres. Ne sommes-nous pas plus heureux quand nous aimons, donnons et partageons plus que quand nous nous replions sur nous-mêmes, sourds et aveugles au monde qui nous entoure ?

On parle de barrière sociale, de barrière raciale, du fossé des générations, pourrait-on songer aux moyens de les faire disparaître ? Ou cela est-il utopique ?

C’est vrai, il est beaucoup plus facile et plus rapide d’ériger des murs que des ponts. Oui, édifier un pont est compliqué, demande des efforts, de l’énergie et du temps. Mais c’est un travail qui apporte beaucoup de satisfaction, un labeur dont on peut être fier.

Apprendre une langue étrangère, se renseigner sur d’autres cultures que la sienne, donner à celui qui est dans le besoin sans attendre de retour, ouvrir sa porte à l’étranger sont autant de gestes qui enrichissent notre quotidien, des gestes qui nous élèvent, qui nous placent au-dessus de l’animal.

Alors munissons-nous de barres de fer et faisons tomber les murs qui nous séparent. Que ces barres et ces amas de pierres deviennent pour nous autant de matériaux utiles à l’élaboration de ponts et de passerelles. Ne nous décourageons pas et persévérons dans cette tâche de longue haleine car le résultat en vaut la peine !

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14 réflexions sur “Préférer aux murs les ponts

  1. Les murs ne sont pas seulement physiques ils sont surtout psychiques et pour les abattre il faut être bien dans ses baskets, tu sais.
    Pour avoir franchi un certain nombre de ponts et continuer à en faire de toutes tailles et en tous matériaux je peux dire que beaucoup de personnes manquent de courage et de persévérance et c’est pour cela que les murs de Berlin continuent de prospérer de partout.
    Mais si on bouscule un tout petit peu et on leur montre que même un pont en papier permet de faire le lien on obtient souvent des résultats inespérés et c’est ce que tu fais avec tes textes.

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    • Oui, c’est ça, j’aurai dû écrire « psychiques » car c’est plus juste ! Et comme tu le fais si bien remarquer, cet état d’esprit et la mise en oeuvre de certaines de nos convictions profondes demandent beaucoup de courage et de persévérance et c’est souvent là que le bât blesse… Pourtant, il suffirait de pas grand chose… Merci pour tes mots ! Bises Sabina.

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  2. Tes mots sont magnifiques Karine. Créer des ponts, des liens entre deux rives, entre plusieurs histoires, des passerelles d’amour et de générosité. Je te suis à 100%.
    Les murs écorchent nos différents paysages et nous empêchent de voir ce qu’il y a derrière. A force nous ne nous approchons plus, nous laissons la peur nous gagner.
    Quand j’ai visité Belfast il y a quelques années, j’ai été choquée par le nombre de murs dans cette ville meurtrie. Et puis au milieu du « mur de la paix » érigé au moment des accords de paix entre catholiques et protestants (très relatif comme accord), une porte, une passerelle vers l’autre. Un petit signe d’espoir au milieu d’une population déchirée.
    Je t’embrasse fort Karine et continuons à lutter ensemble pour bâtir ces ponts partout dans le monde.

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  3. Oui, tu as parfaitement raison ; faisons tomber les murs et plantons du végétal à la place : c’est plus transparent 😀 Karine, ton article est balèze et si un jour tu te présentes à des élections, je vote pour toi les yeux fermés 🙂 Gros gros gros bisous à toi !

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