Rencontre autour d’un escarpin

 

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Je suis avec Chéri dans une boutique de chaussures. Concentrée, les yeux rivés sur les étagères, je suis à la recherche d’une paire d’escarpins. De jolis petits escarpins.

Je les souhaiterai de couleur nude, vous savez, cette couleur indéfinissable destinée à remplacer le noir passe-partout. Je les aimerai avec des talons aiguilles ni trop hauts ni trop bas. Trop hauts, j’aurai l’impression d’être juchée sur des échasses. Et puis, je déteste dépasser d’une tête mon Chéri. Mais pas facile de trouver la bonne hauteur de talon quand on sait que je fais 1m70 et lui 1m72… Trop bas, je trouve que ça fait vite mémère.

Alors, je furète à droite, je furète à gauche. Je touche, je caresse. J’aime le cuir. Son odeur, ses textures, ses couleurs. Mais je ne trouve pas. Pas dans cette boutique en tout cas.

Je m’apprête donc à rejoindre la sortie. Avant d’ouvrir la porte, je tourne mon regard vers la vendeuse pour la remercier et la saluer. Elle vient d’être rejointe par une deuxième vendeuse. Je regarde cette dernière. Nos regards se croisent. Une interrogation se lit sur nos visages. Puis un étonnement. Et enfin, le dialogue tant redouté débute :

– On ne se connaîtrait pas, par hasard ?

– Oui, ton visage me dit quelque chose.

– Ah mais oui, on était au lycée ensemble !

– Mais oui, c’est ça ! En seconde ou peut-être est-ce en première…

– En première ! Ça me revient maintenant.

– Oh la la, ça fait un bail ! Un peu plus de vingt ans…

– Ça ne nous rajeunit pas tout ça ! Alors qu’est-ce que tu deviens ?

Comment répondre à cette question ? me dis-je. Comment résumer vingt ans de sa vie en quelques minutes ? Alors je décide de commencer par faire les présentations, la moindre des politesses, il me semble.

– Et bien, je suis mariée. D’ailleurs, je te présente mon Chéri. Chéri, je te présente une ancienne camarade de classe.

Un peu honteuse, je m’aperçois que j’ai complètement oublié son prénom et je n’ose lui demander de me le rappeler.

– Enchanté. Disent-ils en chœur.

La prochaine question je la connais par cœur…

– Et tu as des enfants ?

– Non.

– Ben alors ?!

Ben alors quoi ? me dis-je tout bas. Est-ce le lieu et le moment pour étaler le pourquoi du comment de ce choix ? Ai-je des explications à donner à cette ancienne camarade de classe que je n’ai pas vu depuis tant d’années ? Je décide que non et j’esquive la question.

– Et toi ?

– Je ne suis pas mariée, mais j’ai deux enfants…

Heureusement pour moi, la voilà partie dans un monologue me décrivant toutes les péripéties de ses deux grossesses.

Après dix bonnes minutes d’écoute attentive, je me dis qu’il va falloir y aller. Mais comment arrêter ce flot ininterrompu de paroles ? Ce sont deux clientes un peu pressées qui m’offrent la solution sur un plateau.

– Bon, je vois que tu as du travail, je ne vais pas abuser de ton temps. On va y aller. Ça m’a fait plaisir de te revoir. A une prochaine !

– Oui, à bientôt !

J’ouvre la porte. Je respire avec délice l’air frais de janvier. Mais je m’interroge. Pourquoi ai-je du mal à apprécier la rencontre d’anciens camarades de classe ? Est-ce le temps qui passe et dont j’observe les stigmates sur leurs visages qui me dérange ? Je ne sais…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Aimez-vous en rencontrer ? Comment votre rencontre se passe-t-elle ?

 

 

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22 réflexions sur “Rencontre autour d’un escarpin

  1. ça dépend de la camarade, on va dire ! j’en ai rencontré certain(e)s avec bonheur… d’autres m’ont fait dire « purée, il/elle n’a pas changé ! je comprends pourquoi je ne l’appréciais pas il y a 20 ans…! Bisous Karine

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  2. J’en rencontre rarement mais je ne suis pas fan de ce genre de rencontres. Selon la personne que je reconnais, je suis capable de faire celle qui ne la pas vue !
    bises et bonne journée Karine

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  3. J’ai changé de région alors ça ne m’arrive pas vraiment. Je pense que je serais assez mal à l’aise, je ne saurais pas comment parler de moi, et surtout, je n’en aurais pas vraiment envie. Se livrer ainsi après tant d’années d’absence alors que nous ne partagions déjà pas grand chose à l’époque ?

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  4. Tu sais quoi ma Karine ??? … je n’aime pas les escarpins mais je mesure 1 m 70 lol !!
    J’ai changé de région alors que je n’avais pas encore 20 ans alors même si je rencontrais d’anciens camarades d’école, pas sûre que je les reconnaisse !
    Des bisous ♥

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  5. Ca dépend je vais te dire. J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver certaines copines de classe et il y a deux ans on c’est même fait une journée entre nous. Nous étions huit et à table on a beaucoup échangé, ri, et nous nous sommes raconté nos diverses péripéties. Nous étions non seulement des copines de classe mais aussi d’internat à une époque où on se retrouvait à 46 par dortoir… Par contre ceux que j’ai rencontré + tard lors de stages ou reconversions , je dois avouer que la plupart je passe. Comme quoi.

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    • Oui, c’est vrai, ça dépend bien souvent des personnes que l’on rencontre et des relations que nous avons eues avec elles par le passé. Merci beaucoup pour ton avis sur ce sujet Sabina. Passe une excellente journée. Je t’embrasse.

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  6. Ah oui, la situation super gênante, j’ai connu! 🙂 Je ne suis pas très physionomiste, je suis du style à croiser quelqu’un, je sais que je connais cette personne, mais rien d’autre ne me revient : ni le nom, ni l’époque, ni la situation.. le truc bien gênant quoi 🙂

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  7. J’aimerai beaucoup en revoir certaines oui, d’ailleurs je le fais de temps en temps avec celles avec qui je suis toujours en contact… Par contre y’en a que je ‘nai aucune envie de croiser lol

    bizz

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  8. Bonjour chère Miss. J’espère que tu vas bien aujourd’hui. Un petit coucou en passant. J’aime ton billet et Je suis comme toi. Je n’aime pas revoir mes anciens copains et copines. Parce que je n’aime pas me justifier sur ma vie actuelle auprès de gens que je ne fréquenteplus depuis des lustres et puis les revoir me rappelle que moi aussi je vieillis. Bonne journée Miss. Bisous.

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  9. Soi tu parles de boulot, soit tu parles de vie familiale, ça crée toujours des couacks… g croisé 1 type génial un jour, uun ancien du lycée qui ne m’a parlé de rien de tout ça : il m’a raconté comment il me voyait à l’époque, la jalousie qqu’on créait autour de nous avec mon petit copain de l’époque à passer des inter-cours à s’embrasser et des mois entiers dans notre bulle, puis on a parlé des bandes sans se soucier de qui était devenu quoi, un bon moment !

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