Une punition qui tourne bien

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Cette année-là, ils avaient dû se donner le mot. Peut-être était-ce un acte de rébellion contre l’autorité parentale, une bravade juste pour tester leur réaction. Dans tous les cas, les résultats étaient là, étalés sur la table de la cuisine sous les yeux ahuris des parents. Le facteur les avait déposés dans la boîte aux lettres le matin même.

La grande de seize ans, habituellement bonne élève, redoublait sa classe de 2nde, sans avoir la possibilité de faire appel de la décision du conseil de classe. Le cadet, lui, redoublait sa 5ème. Quant à la petite dernière, elle passait de justesse. Il était clair, aux yeux des parents, que leurs enfants avaient faits de cette année scolaire une année sabbatique.

Il fallait agir. Leur faire passer le goût des mauvaises notes était primordial ! Ils en discutèrent donc en couple et, à la fin de la semaine, leur décision était prise.

Chaque été, pour les vacances, la famille avait coutume de partir camper dans des campings tout confort. Une année à la mer, une année à la montagne, toujours dans des endroits très touristiques, fourmillant d’animations pour les petits et les grands. Mais cet été-là, il en irait autrement, décidèrent-ils. Pour leur punition, ils iraient dans un camping municipal à Besançon.

Quand les enfants apprirent la destination de leurs vacances, leurs visages s’allongèrent sous l’effet de la déception. Ils se mirent à bouder tout en maugréant des termes inintelligibles. Mais les parents tinrent bon et bientôt la caravane fut prête à être tractée.

Le voyage se passa dans un silence pesant. Les enfants se demandaient à quoi ils allaient pouvoir occuper leurs journées une fois arrivés dans cette ville dont ils avaient vaguement entendu parler, tandis que les parents, eux, espéraient que cette expérience leur serve de leçon et les incite à travailler davantage à l’école dès la rentrée prochaine.

Une fois arrivés sur leur emplacement de camping, ils s’affairèrent à monter la caravane et le haut-vent dans lequel ils installèrent la chambre pour le cadet. Ensuite, ils s’attaquèrent au montage de la tente pour les deux filles. Quand ils eurent terminé, ils firent le tour du camping pour voir où ils allaient passer les deux prochaines semaines. Les parents furent ravis, ce qu’ils découvrirent contribuait largement au bon fonctionnement de leur plan de discipline. Les enfants, eux, n’en furent que plus moroses.

Les jours qui suivirent furent d’un ennui mortel. Rien ne se passait dans ce camping. Les journées se ressemblaient toutes et paraissaient si longues !

Et puis, un beau matin vit apparaître un drôle de trio. Drôle pour les enfants, un peu moins drôle pour les parents. Un jeune homme, sa compagne et leur chien, un énorme berger allemand. Tout de noir vêtus, ils arrivèrent dans un bruit assourdissant, juchés sur leur moto, une 125, tractant une petite remorque fait de bric et de broc dans laquelle trônait leur meilleur compagnon, la langue au vent.

Ils plantèrent leur tente de fortune dans l’emplacement voisin du leur et commencèrent leur petite vie estivale. Ce qui plaisait particulièrement aux enfants, c’était de les voir, chaque matin, devant leur tente, s’entraîner au nunchaku, cette arme d’art martial constituée de deux bâtons reliés par une chaîne. Leurs nouveaux voisins faisaient preuve d’une dextérité à couper le souffle. Pendant que les enfants les regardaient avec des yeux émerveillés, impressionnés, les parents fronçaient les sourcils, inquiets. L’enthousiasme des enfants monta encore en intensité quand ils se virent proposer de s’essayer à la manipulation de cette arme incroyable. Le jeune homme au blouson noir s’improvisa donc professeur de nunchaku et s’il avait dû donner des notes aux progrès de ses trois élèves celles-ci auraient atteint des sommets tant leur motivation était grande.

Les parents, de leur côté, essayaient tant bien que mal, de les éloigner de ce qu’ils appelaient de « mauvaises fréquentations ». Ils en vinrent même à changer leur plan en prévoyant une journée de canoë sur le Doubs ainsi que des visites de lieux historiques. Mais leur rapprochement avec le drôle de trio allait encore se faire plus intime.

Un soir, il se mit à pleuvoir sans discontinuer jusqu’au petit matin. Les vertes étendues du camping se changèrent, en l’espace d’une nuit, en immenses flaques de boue.  Heureusement, la caravane, la chambre d’haut-vent et la tente des filles étaient d’excellente qualité si bien que toute la famille resta bien au sec malgré les assauts de la nature. Mais pour le drôle de trio, il en fut bien autrement. Leur tente s’effondra et ne fut plus qu’une masse informe de tissu mouillé et boueux, les laissant transis et sans-abri. Le couple de motard décida donc de demander asile à la famille aux pieds secs qui ne pût refuser, par humanité, de leur venir en aide. Ils s’entassèrent donc tous les sept dans la caravane et installèrent le chien dans le haut-vent. Les enfants étaient ravis. Ils riaient, excités à la pensée de passer encore plus de temps aux côtés de ce couple à la drôle d’allure.

Au fil des heures, les parents se déridèrent et se mirent à sourire devant les blagues et les anecdotes hors du commun de ce couple inattendu. Ensemble, ils prirent leur repas et décidèrent de les loger pour la nuit suivante. L’ambiance était simple et agréable, sans prise de tête. Ça faisait du bien de partager ces moments tous ensemble. Les vacances, après tout, c’était ça, la rigolade, les surprises, les rencontres.

Le lendemain, le temps ne s’améliorant pas, et le camping manquant de devenir un immense lac, la famille et le couple de motard décidèrent de plier bagages et d’écourter leur séjour. Chacun s’affaira, de son côté, au nettoyage et au rangement de leurs affaires. Quand tout fût prêt pour le départ, ils décidèrent, d’un commun accord, de se suivre jusqu’à l’entrée de l’autoroute afin de retarder leur séparation. Puis, le moment de se dire adieu arriva. Alors, grands signes de la main, klaxons, et sourires éclatèrent de part et d’autre.

La voiture pris de la vitesse. Dans la lunette arrière, les enfants ne quittèrent pas des yeux leurs nouveaux amis jusqu’à ce qu’ils disparaissent à l’horizon. Puis, ils se retournèrent, s’assirent confortablement dans la voiture, heureux.

Ils n’avaient jamais passé d’aussi bonnes vacances !

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Crédit photo coupdepouce.com

Ma couverture s’est envolée !

Mon smartphone se met à vibrer. C’est un sms d’une de mes amies. C’est LE sms que je redoutais.  Celui que je craignais de recevoir depuis un peu plus d’un an, depuis que j’ai décidé de bloguer dans l’anonymat.

– Coucou ma Karinounette ! Ça va ? Serais-tu Miss Tamara ????

– … Pourquoi me demandes-tu ça ?!

– Je suis tombée sur un blog… Et j’ai l’impression de te reconnaître dedans…

– Bon, je ne vais pas te mentir… C’est bien mon blog…

En l’espace de quelques secondes, ma couverture s’est envolée.

C’est une sensation étrange. J’ai l’impression de me retrouver nue. Fragilité et vulnérabilité sont mes sentiments du moment.

Bien sûr, j’aurai pu nier, prétendre que les ressemblances sont parfois étonnantes. Mais ce n’est pas mon genre. Elle est mon amie, je lui dois bien la vérité. Alors maintenant elle sait. Elle m’a promis de ne pas le divulguer à nos amis communs. Je lui fais confiance.

J’aurais dû me douter qu’un jour cela arriverait. Comment écrire des billets humeur sans se dévoiler ?! En fin de compte, je crois que ce n’est pas vraiment possible. Si on écrit avec son cœur, avec ses sentiments, avec sincérité et franchise, alors le masque derrière lequel on croit se cacher n’est plus qu’un mirage.

Même si cela peut paraître incroyable, force est de constater qu’une personne qui nous aime, qui nous connaît bien sera capable, en lisant nos billets, de faire le lien entre nous et notre pseudo. Elle saura nous reconnaître parmi les milliers de blogueurs et blogueuses qui peuplent la blogosphère.

On dit souvent qu’un blog humeur est comme un journal intime. Je ne suis pas vraiment d’accord. Car ce qu’on écrit dans un journal intime n’est-il pas censé être tenu secret ? N’est-il pas destiné à être lu par, et seulement par, son auteur ? Ors quand on blogue, on sait pertinemment que tout ce qu’on écrit sera lu, commenté ou pas, aimé ou pas, partagé ou pas. Où est l’intimité là-dedans ?! Il n’y en a pas.

Mais on aime se persuader d’être à l’abri de certains regards. On arrive même, avec le temps, à s’en convaincre. Alors on prend ses aises, on se livre encore un peu plus. On écrit, on disserte, on divague, oubliant le peu de retenue qui nous restait encore jusqu’au jour où la réalité nous rattrape. Cette réalité qu’on n’avait peu à peu perdue de vue et qui soudain nous heurte de plein fouet.

Je pense que c’est un mal pour un bien. Peut-être avais-je besoin de ça pour garder une certaine pudeur dans mes écrits, pour rester consciente que ce que j’écris peut être lu par des personnes que je connais bien, par des proches que je ne souhaite pas mettre mal à l’aise.

Ce que j’écris sur mon blog, je dois apprendre à l’assumer pas seulement devant d’autres blogueurs et blogueuses que je n’ai jamais vus, mais aussi devant ceux qui m’entourent au quotidien. Si je ne pense pas pouvoir l’assumer, alors je ne l’écris pas, ou bien si je l’écris, je l’écris dans un vrai journal intime, vous savez ce petit carnet avec une clé !

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Photo trouvée sur Scoop.it

 

 

 

 

 

 

Je dis d’abord non, et après oui…

« NON », « OUI », deux petits mots. Trois lettres seulement chacun, dont une en commun. Deux mots qui se choquent et s’opposent. L’un fait grise mine, l’autre sourit à la vie.

Si vous aviez à choisir entre les deux, vers lequel iriez-vous ? Attendez, je crois que j’ai deviné… Le « OUI », n’est-ce pas ?! Oui, je suis bien d’accord, le « OUI » est décidément plus agréable à prononcer et à entendre. Il est même plus joli à écrire, vous ne trouvez-pas ? Ses semblables sont aussi largement appréciés : « absolument », « certainement », « d’accord », « ok », « bien sûr »…

« OUI » et « NON » deux petits mots qui paraissent si simples, si banales. Et pourtant, à l’usage tout se complique, un vrai casse-tête !

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Il y a ceux qui disent « OUI » tout simplement.

Il y a ceux qui disent « OUI » et finalement « NON ».

Il y a ceux qui disent « NON » définitivement.

Il y a ceux qui disent d’abord « NON » et après « OUI ».

Certains doivent apprendre à dire « NON ».

D’autres doivent apprendre à dire « OUI ».

Dans quelle catégorie vous placez-vous ?!

Moi, je crois bien que je suis du genre à dire d’abord « NON » et après « OUI ». C’est comme si le « NON » me donnait le temps de la réflexion. C’est comme s’il me protégeait d’un engagement que je pourrais regretter ou ne pas tenir.

Je déteste les regrets, je ne supporte pas de ne pas tenir parole. Alors si je me suis engagée avec un « OUI », je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour assumer. Mais il arrive, quelques fois, que je sois obligée de faire marche arrière et de revenir sur ma parole, et ça, je n’aime pas, mais vraiment pas ! Alors je dis « NON » quitte à me faire, d’abord, passer pour une fille pas bien sympa.

Ensuite, je réfléchis. Et dans la plupart des cas, je finis par dire « OUI ». Un « OUI » mûrement réfléchi ! En général, on ne m’en veut pas… Je crois qu’il est toujours plus facile d’entendre un « OUI » après un « NON » que l’inverse, ne pensez-vous pas ?!

Enfin, le problème avec cette façon de faire c’est que ça perd en spontanéité, et ça c’est dommage, je trouve. Alors la dernière catégorie me concerne aussi… Je dois apprendre à dire « OUI »…

Du travail en perspective…

 

 

La piste du bonheur

C’était une autre époque. Une époque pas si lointaine, mais une autre époque tout  de même. C’était au temps des bals musette, des bals en plein air. Qu’est-ce que j’aimais en rencontrer un, posé là, au détour d’une rue piétonne, tels une parenthèse, un grain de folie dans les rouages bien réglés d’une vie beaucoup trop sérieuse !

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Elisabeth Kate Photography

Entre un père militaire, plus enclin à donner des ordres que des baisers, et une mère au foyer, plus prompt à dégainer le martinet que le bâton de sucre d’orge, je ressemblais parfois à ces poupées de porcelaine toujours sages et bien mises, les yeux grand ouverts, mais incapables de bouger.

Il m’arrivait souvent de me demander s’ils s’aimaient ces deux là. Etait-il possible de s’aimer sans geste tendre ou mot doux ? Pourquoi ne se prenaient-ils jamais dans les bras, ne se tenaient-ils jamais la main ? Ces questions dansaient dans ma tête me rendant un peu anxieuse et cela d’autant plus quand je les surprenais en train de s’adonner à leur passe-temps favoris : la dispute.

Quand j’étais couchée, le soir, dans mon lit aux barreaux blancs et boules dorées, j’entendais leurs éclats de voix. Je ne comprenais pas ce qu’ils se reprochaient l’un l’autre, mais mon imagination allait bon train, si bien que le matin, quand je descendais les escaliers afin de rejoindre ma maman pour le petit-déjeuner, j’entendais déjà les mots tant redoutés : « Papa et moi, on divorce ».

Pourtant ces mots, je ne les entendis jamais. Mon imagination me jouait des tours et c’était tout.

Mais voilà pourquoi j’aimais tant les bals et autres pistes de danse. Ils avaient un pouvoir extraordinaire, celui de rapprocher les gens, les couples, les parents.

De multiples fois, j’avais pu observer la comédie qui se jouait devant moi en ces occasions bénies. Mon père, tout d’abord, fidèle à lui-même, s’efforçait de rester indifférent face à l’agitation bonne enfant qui l’entourait soudain. Mais l’éclat subit de ses yeux, l’ébauche d’un demi-sourire et un léger frémissement de tout son corps le trahissaient sans laisser la moindre place au doute. Son envie de s’élancer sur la piste était  palpable. Quant à ma mère, la question ne se posait même pas. Il suffisait de la voir regarder les couples danser, puis d’observer son visage tendu vers celui de mon père, pour deviner ce qui allait se passer.

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Photo trouvée sur http://www.oncewed.com

D’un même mouvement, ils se tournaient alors vers moi, m’ordonnaient de ne pas bouger, et s’élançaient enfin vers la piste du bonheur. Regarder mon père, ma mère sur les talons, se frayer un chemin parmi la foule rassemblée était, pour moi, un moment d’une rare intensité. Ce qui était drôle, c’était de voir ma mère marcher sur la pointe des pieds, en sautillant, devenue subitement aussi légère qu’une plume. C’était comme si, elle se serait alléger d’une lourde carapace qu’elle aurait déposée à mes pieds s’octroyant un plaisir tant fugace que réparateur.

Une fois sur la piste, mon père prenait les rennes menant la danse d’une main de maître. Ses gestes étaient vifs, fermes et précis. Entre ses mains, ma mère tournoyait d’un côté puis d’un autre, ses longs cheveux dessinant des arabesques étranges. C’était beau, touchant. Pour moi, c’était rassurant. J’étais fière d’eux. Ils formaient le plus joli couple de la terre.

A mes pieds, gisaient leurs carapaces que j’aurais souhaité soulever  pour les jeter au fin fond de la Meuse qui passait pas bien loin. Mais celles-ci étaient si lourdes ! Alors, l’espace d’une danse, je décidais de les ignorer, bien décidée à me délecter de ce moment précieux qui, j’en étais convaincue, resterait gravé longtemps dans ma mémoire, très longtemps même…

 

 

L’espoir de chevet

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Photo trouvée sur http://boostermavie.com/

 

– Qu’est-ce que je vous sers ? Un thé, un café, une infusion ? A moins que vous préféreriez une boisson fraîche ?

– Je dis oui pour un petit café, merci Marie.

– D’accord Sabrina, je le fais couler. Il sera prêt dans quelques minutes. Et toi, Lise, qu’est-ce qui te ferait plaisir ?

– Une tisane, s’il te plaît. Au moins, ça ne m’empêchera pas de dormir. Mon sommeil est si léger en ce moment.

– Ne m’en parle pas, moi c’est pareil, sans compter les cauchemars, répondit Sabrina.

Pendant que Lise et Sabrina continuaient leur discussion confortablement installées sur le canapé du salon, Marie, de son côté, s’affairait en cuisine. Sur un plateau, elle disposa une assiette remplie de petits fondants au chocolat tout juste sortis du four, des tasses accompagnées de leur soucoupe, des petites cuillères, des serviettes en papier et le sucrier.

Quand elle revint au salon, portant le plateau avec précaution, ses amies s’étaient lovées plus profondément encore entre les coussins.

– De quoi parliez-vous ? Vous faites une tête d’enterrement ! leur demanda Marie, soucieuse du bien-être de ses amies.

– Nous parlions de notre monde, un monde qui devient complètement fou, soupira Sabrina dont le sourire avait disparût.

– C’est terrible ce qui se passe. Je n’ose même plus allumer le poste de télévision de peur d’entendre encore de mauvaises nouvelles. Toutes ces vies arrachées, jour après jour, ça me fend le cœur. J’ai peur, confia Lise.

– C’est épouvantable, en effet, répondit Marie. Les sentiments que tu ressens, Lise, sont parfaitement naturels face au climat de violence et de haine qui règne en ce moment. Qui pourrait dire le contraire ?

– Mais, tu sais, Lise et moi, nous aimerions avoir ton optimisme, ta paix intérieure, cette paix qui te permet de prendre du recul, de garder la tête haute, confiante en l’avenir. Depuis que nous te connaissons, nous avons constaté combien ta capacité à rebondir est impressionnante, déclara Sabrina.

– La résilience, on la porte tous en nous. On est tous capable de se reconstruire après un traumatisme, répondit Marie. Mais, dites moi, et si on parlait de choses plus rigolotes, plus futiles, histoire de se changer les idées et que je puisse enfin revoir vos visages s’illuminer de vos magnifiques sourires ! Regardez,  je vous ai préparé vos petits gâteaux préférés, laissez-vous tenter et régalez-vous ! Un peu de douceur nous fera le plus grand bien, ne croyez-vous pas ?!

Leur tendant l’assiette, Marie les invita à se servir. Puis, elle se dirigea vers la cheminée dans laquelle de belles flammes dansaient au milieu des crépitements du bois sec. Elle fit mine de raviver le feu, son esprit étant assailli de questions toutes autres.

Si elles savaient, comment réagiraient-elles ? Se moqueraient-elles ? Devrait-elle craindre leurs airs dédaigneux, leurs sourires méprisants ? Ou alors lui laisseraient-elles l’occasion de s’exprimer, manifestant cette tolérance tant acclamée de tous ? Essaieraient-elles de la comprendre sans parti pris ni préjugé ? se demanda-elle.

Des questions, toujours ces mêmes questions qui ne cessaient de se bousculer dans sa tête. Elle aimerait tant le leur dire, leur révéler son secret. Elle entendait encore l’une d’entre elles s’exclamer, il n’y a pas si longtemps : « Mais comment arrives-tu à rester si sereine face à tout ce qui se passe ? » Le cœur battant, elle lui avait souri, la réponse au bord des lèvres. Ce jour-là, son secret avait bien failli lui échapper. Mais, esquivant la question, elle s’était reprise à temps.

Ensuite, elle s’en était voulu. Comme à chaque fois, la culpabilité avait pointé le bout de son nez et sa conscience l’avait taraudée. Avait-elle le droit de cacher à ses amies son ingrédient miracle qui faisait que sa vie valait la peine d’être vécue même quand elle paraissait, aux premiers abords, si sombre ?

Le monde devenait fou. Comme elles, elle avait peur parfois. La souffrance de son prochain, loin de la laisser indifférente, la prenait aux tripes, lui donnant la nausée et lui ôtant le sommeil. Mais elles avaient raison, elle restait confiante en l’avenir, convaincue que les choses allaient s’arranger.

En y réfléchissant, l’origine cachée de son espoir pourrait très vite être dévoilée. Il suffirait que Lise et Sabrina poussent la porte de sa chambre pour découvrir le premier indice. Il reposait sur sa table de chevet sous la forme d’un livre épais aux pages très fines. C’était un livre ancien, très ancien même. A certaines époques, des hommes et des femmes avaient été persécutés et mis à mort pour le simple fait de l’avoir possédée. En Europe, il avait été le tout premier livre à être imprimé en caractères mobiles par Gutenberg.

Elle aimait en lire quelques passages, le soir, avant de s’endormir. Certains versets plus que d’autres l’apaisaient et l’aidaient à envisager l’avenir avec optimisme : Isaïe 41 : 10 : « N’aie pas peur maintenant, car je suis avec toi. Ne lance pas ces regards inquiets, car ton Dieu, c’est moi. Je viens te rendre courage, j’arrive à ton secours et je te protège, ma main droite tient sa promesse. » Révélation 21 : 4 : « Il essuiera toute larme de leurs yeux. Il n’y aura plus de mort, il n’y aura plus ni deuil, ni lamentations, ni douleur. En effet, les choses anciennes auront disparu. »

Ce premier indice les mènerait peut-être au second puis au troisième. En voyant ce livre près de son lit, en déduiraient-elles qu’elle croyait en Dieu. Et si elle avait foi en Dieu en concluraient-elles qu’il était probable qu’elle s’adresse à Lui par la prière ? Verraient-elles dans la combinaison de ces trois éléments la source de son espoir ?

– Marie, tu as l’air bien songeur. Ça fait deux fois que je te pose une question et que tu sembles ne rien entendre.

– Oh, excuse-moi Lise. J’avais la tête ailleurs. Qu’est-ce que tu disais ?

– Je disais qu’en ce moment je fais du tri dans les affaires de ma défunte grand-mère. Et sais-tu ce que j’ai trouvé parmi ces effets personnels ?

– Non, quoi ?

– Une Bible.

– Ah… Et que vas-tu en faire ?

– Ma première idée a été de la proposer à un brocanteur. Mais ensuite, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant d’y jeter un coup d’œil avant.

Marie leva les yeux vers le ciel remerciant Dieu tout bas.

Je dépends financièrement de mon mari. Est-ce grave docteur ?!

-Tu ne travailles pas ?!238b3fea4cfddbae162750df6facdd35

-Non, j’ai arrêté.

-Mais pourquoi ?!

-Mon mari a des horaires de boulot très compliqués. On ne se voyait plus…

-Fais gaffe, il n’est jamais bon de dépendre financièrement de son mari…

 

 

—————-

Je dépends financièrement de mon mari. Est-ce grave docteur ?! Non, parce que je commence à me poser sérieusement des questions tellement j’entends cette phrase autour de moi en ce moment !

J’imagine que les personnes qui me disent ça sont toujours très bien intentionnées. Elles pensent à ce qui pourrait arriver si mon mari venait à m’abandonner. Elles se soucient de mon avenir, et je les en remercie.

Mais mon couple va bien. Il va même très bien. Bientôt 19 ans de mariage, c’est beau non ?! Et s’il va si bien ne serait-ce pas aussi parce que nous avons décidé que je travaille moins pour se voir davantage ? L’amour est un feu qui s’entretient au quotidien. Et pour l’entretenir, il faut être ensemble, se consacrer du temps, être là l’un pour l’autre. Ors quand je travaillais, on se voyait en coup de vent, quelques minutes par ci par là. J’étais souvent stressée, fatiguée, toujours en train de courir. Pas top pour entretenir la flamme !

Maintenant, les choses sont beaucoup plus agréables. Je suis plus sereine, comme apaisée. Il aime rentrer du boulot en sachant que je l’attends les bras ouverts avec peut-être son plat favori en train de mijoter sur le feu. On prend le temps de faire les choses ensemble autant que possible. On mange ensemble, on se détend ensemble, on fait les courses ensemble, on dort ensemble… Et ça nous convient comme ça, à lui comme à moi.

Alors bien sûr que je ne suis pas à l’abri d’une peine de cœur. Bien sûr que je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait. Mais franchement je préfère y croire de tout mon être, de tout mon cœur, de toute ma force, à notre amour. Je ne veux pas me préparer au pire. Et même si un jour le pire devait arriver alors advienne que pourra. J’assumerai…

En attendant, je lui fais confiance. Et il me fait confiance. Il ramène la paye à la maison, et il me laisse la gérer. Oui, c’est moi qui tient le budget. D’ailleurs, je crois savoir que c’est le cas de nombreuses femmes…

Et vous, êtes-vous pour l’indépendance financière à tout prix ? Ou pas ?

Tout dépend de mon état d’esprit

Résilience

Je crois qu’on est tous à la recherche du bonheur, ou du moins d’un bonheur relatif.

Certains pensent que c’est l’argent qui permet d’être heureux. Personnellement, je ne le crois pas. Je sais pourtant que l’argent facilite les choses, et que les difficultés financières, elles, les compliquent beaucoup. Mais quand on a plus d’argent, le bonheur est-il toujours au rendez-vous ? Non, pas toujours.

D’autres pensent que le bonheur dépend d’une bonne santé. C’est vrai qu’être en bonne santé contribue largement à profiter au mieux de la vie, et nous évite bien des angoisses. Mais les gens en bonne santé sont-ils pour autant tous heureux ? Non, encore une fois, non.

D’autres encore croient qu’il faut un physique de top modèle pour goûter au bonheur. Là encore, je dis non. Ce bonheur-là est tellement éphémère. Avec les années,  la beauté se fane et que reste-t-il alors ? Il ne reste plus que des photos, souvenirs qui laissent parfois un goût amer.

Pour moi, avoir peu ou beaucoup d’argent, avoir des soucis de santé ou n’être jamais malade, avoir un physique banal ou avantageux ne doivent pas être des critères qui définissent notre rapport à la vie. Je trouverai cela si injuste ! Je m’oppose à l’idée que seuls les riches, seuls ceux qui pètent la forme ou seuls ceux qui sont beaux comme des dieux soient ceux qui puissent connaître le bonheur !

En fait, je suis convaincue que tout dépend de notre état d’esprit, du regard que nous portons sur la vie, sur notre vie. Notre état d’esprit va nous aider soit à atteindre des objectifs, soit à les abandonner. Dans des situations graves, c’est notre état d’esprit qui va nous permettre soit de faire ressortir le meilleur de nous-mêmes, soit le pire.

C’est notre état d’esprit qui va avoir une bonne ou une mauvaise influence sur notre bonheur. C’est pourquoi on doit savoir le maîtriser et ne pas se laisser envahir par des raisonnements ou des pensées négatives.

Le pessimisme enlève l’énergie dont on a besoin pour aller plus loin, pour améliorer une situation ou tout simplement pour supporter une situation compliquée. Je le rejette de toutes mes forces ! Je m’interdis tout état d’esprit négatif bien décidée à me concentrer sur tout le positif qui m’entoure. Et je peux vous dire qu’il y en a du positif autour de nous !