Ma sœur, mon improbable amie

Puis-je devenir amie avec ma sœur ?

Pendant longtemps, j’étais persuadée que non. 5 ans d’écart me paraissait énorme.

Plus jeunes, nous n’avions pas les mêmes centres d’intérêts, pas les mêmes amis. Nos goûts en matière de musiques, de films, de livres, de vêtements divergeaient à tous les coups.

Et puis, j’étais l’aînée, elle, la petite dernière. J’avais connu la sévérité et l’autorité implacable de nos parents, elle avait bénéficié de beaucoup plus de souplesse et d’indulgence.

J’étais du genre solitaire, toujours le nez dans les bouquins. Elle était extravertie, toujours les mains occupées à créer. Aux yeux de nos parents, j’étais l’intellectuelle, elle, la manuelle.

Nous avons grandi. Nous nous sommes mariées. J’ai fait le choix de ne pas avoir d’enfant, elle en a fait trois, et si ça ne tenait qu’à elle, elle en aurait encore une ribambelle.

Rien ne pouvait laisser présager qu’une amitié pouvait naître entre nous. Trop de différences, trop d’incompréhension, trop de non-dits semblaient vouloir nous tenir à distance.

Et pourtant…

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Pourtant au fil des années, petit à petit, sans même nous en rendre compte, nous nous sommes rapprochées l’une de l’autre. Est-ce la naissance de mes neveux et mon nouveau rôle de tatie – rôle tant apprécié – qui a contribué à ce miracle ? J’en ai bien l’impression !

Et puis, il y a bientôt 5 ans, j’ai vu ma vie basculer à l’annonce d’un cancer. Aujourd’hui, je suis guérie mais il m’arrive de me demander si cette prise de conscience de la fragilité de la vie n’a pas également contribué à nous rapprocher

Mais ce n’est pas tout. Il y a un an, on s’est vu confié la décoration d’une fête. Et récemment, on a été chargées de la décoration d’un mariage. Il a donc fallu passer beaucoup de temps ensemble pour discuter des projets, mettre nos idées en commun, se mettre d’accord, s’adapter aux idées de l’une et de l’autre… Et aussi étonnant que cela puisse paraître, nous avons aimé ça. Nous avons aimé ces heures passées ensemble à travailler sur un projet commun.

C’était comme si on se découvrait pour la première fois. Au fil des discussions, on s’est aperçu que nous ne sommes pas si différentes en fin de compte. Nous avons bien plus de points en commun que ce qu’on n’aurait pu imaginer.

Ça fait du bien…

Et j’ai aimé la journée d’hier. Notre journée. Rien qu’elle et moi.

Nous avons fait un peu de shopping ensemble. C’est bizarre parce que d’habitude on préfère faire les boutiques seule chacune de son côté. Mais hier, on était comme des gamines à essayer des fringues improbables, à s’échanger nos styles  et à s’étonner mutuellement car tout compte fait son style me va bien et le mien ne lui déplaît pas non plus. D’ailleurs, chose inimaginable il y a dix ans, on s’est acheté les mêmes vestes mais de couleurs différentes !

Et puis, faire du shopping ne nous a pas suffit. On a voulu manger un bout ensemble, alors direction le Mc Do du coin, pour un petit en-cas en tête-à-tête.

Mais une fois notre faim rassasiée, il nous restait encore un peu de temps avant de récupérer les enfants, alors désireuses de profiter à 100 % de notre journée, nous avons été faire une virée chez Etam lingerie.

Ça m’a fait beaucoup de bien.

Ça lui a fait beaucoup de bien.

Et ce matin, quelle a été la première personne à faire sonner mon téléphone ? C’est elle, ma sœur, ma nouvelle amie…

Et vous, qu’en pensez-vous ? L’amitié avec son frère ou sa sœur est-elle possible ?

 

 

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Un petit clic lourd de conséquences…

Hellocoton, un fil d’actualité

Un clic sur un billet

Un thème controversé

Un « j’aime » sur le sujet

*

Un commentaire engagé

Et je te perds, toi, mon amie

Le boomerang s’est envolé

Puis est revenu, ennemi

*

En quelques secondes, une tempête

tumultueuse et implacable

a fait rage dans ta tête

me laissant démunie et instable.

*

Mais je te comprends. Je comprends qu’une divergence d’opinion sur un sujet qui te tient tellement à cœur puisse t’être insupportable. Tu croyais me connaître vraiment. Tu pensais que nous étions toujours sur la même longueur d’onde. Mais il a fallu que, d’un petit geste, d’un clic, je fasse tout voler en éclat. Ta surprise et ta déception ont été grandes et j’en suis malheureuse.

Il fallait s’y attendre, j’aurais dû y penser, comment ton tempérament de feu, ton caractère passionné, ta franchise et ton honnêteté à toute épreuve auraient-ils pu te permettre de garder le silence ?

Mais je l’avoue, ta colère, ta déception, et enfin, ton départ me laissent un goût amer.

Je ne pensais pas qu’on puisse autant s’attacher à une autre blogueuse, à une fille qu’on n’a jamais rencontrée. Mais force est de constater que mon attachement est bien réel, physique.

J’ai mal, très mal. Mon cœur bat trop vite, il va éclater. J’ai les larmes au bord des yeux.

J’en ai perdu des abonnées. Mais avec toi, c’est différent, c’est une amie que je perds. Tu vas laisser un grand vide dans mon quotidien. Il me faudra du temps pour me faire à cette idée.

Je continuerai à lire tes mots que j’apprécie tant, mais oserai-je encore les commenter, te dire ce qu’ils m’inspirent ? Non, je crois bien que non. Car sinon, j’aurais peur de t’exaspérer, toi qui ne désires plus me lire, qui ne souhaites plus m’entendre.

Alors, je vais me faire toute petite, discrète. Je vais m’éclipser de ta vie en espérant, qu’un jour, peut être, tu réapparaisses dans la mienne. Car sache que, de mon côté, la porte restera ouverte. Je me dis – ça fait du bien de rêver – que, peut-être un jour, voudras tu me pardonner le mal que je t’ai fait, de façon si malencontreuse, et décideras tu de réapparaître dans mon quotidien. Sache que si ce jour devait arriver il sera le plus beau de ma semaine !

Ce billet ce ne sont pas que des mots. Ce sont des sentiments, mes sentiments et des larmes aussi. Je tenais à t’exprimer ce que je ressens, même si je doute que tu lises ces mots. Faire l’indifférente avec toi, faire celle qui s’en fout me sont tout bonnement impossible, c’est au dessus de mes forces.

Grâce à toi, j’ai appris une chose, c’est qu’un tout petit geste peut être très lourd de conséquences… A moi d’assumer maintenant…

Pardonne-moi d’être moi…

Source Pinterest
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Faux-semblant

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Discrètement, elle écarte les rideaux de sa chambre pour jeter un œil au-dehors. Elle n’attend personne. Qui est-ce qui peut bien venir interrompre sa sombre mélancolie, se dit-elle. Ce sont Sofia et Marc, des amis de longue date. Pourquoi viennent-ils ainsi à l’improviste ? Ce n’est vraiment pas le moment. Elle les aime, cela ne fait aucun doute, mais là, ils tombent mal. Heureusement, son mari est là, il va pouvoir les accueillir. Mais il ne faut pas qu’elle soit trop longue à se manifester, sinon ils vont commencer à se poser des questions.

Vite, elle court dans la salle-de-bains, fait couler l’eau froide et s’en asperge le visage. Elle s’empare prestement de sa serviette de toilette et se sèche en tapotant. Alors seulement, elle lève la tête et affronte son reflet dans le miroir en priant pour que les dernières traces de larmes aient disparu. Elles ont disparu, mais elle, elle est blanche à faire peur et des croissants de lune violets soulignent, sans aucun charme, ses yeux légèrement bouffis.

Une petite mise en beauté s’impose. Une touche de fond de teint sous les yeux, un trait de crayon noir sur les paupières, du mascara sur les cils, un nuage de poudre orange sur les pommettes, du gloss irisé sur les lèvres, un peu de son parfum préféré sur son décolleté et, en quelques secondes, le tour est joué. Elle a repris figure humaine. Son fantôme a disparu. Elle se brosse les cheveux et décide de les relever en un chignon sauvage. Enfin, elle quitte son pyjama pour un jean et un pull rouge.5b5c5efa4a6a9e4ac5bac77dd010fb02

Alors qu’elle s’avance dans le couloir en direction du salon, elle entend leurs éclats de rire. Surtout, ne pas gâcher leur plaisir, ne pas rompre la bonne ambiance, faire bonne figure,  sauver les apparences, faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, telles sont ses inquiétudes du moment. Elle, qui d’habitude se veut sincère et franche, se surprend alors en flagrant délit d’hypocrisie.

« Bonjour, quelle bonne surprise ! » lance-t-elle d’une voix qu’elle souhaite enjouée.

Un sourire plaqué sur les lèvres, les yeux rieurs, les bras tendus, elle les prend dans les bras pour les embrasser bien chaleureusement. Intérieurement, elle se dit qu’elle aurait pu être comédienne, faire du théâtre ou du cinéma, peut-être aurait-elle même pu gagner un César. Toutes les répétitions et son travail acharné ont bel et bien porté leurs fruits. Il n’y a pas à dire, elle est très douée. Son rôle lui colle à la peau, elle le connaît sur le bout des doigts. Ils vont pouvoir passer une bonne soirée.

Mais s’ils savaient… S’ils poussaient les portes fermées… Comment réagiraient-ils devant son lit défait à 18 h de l’après-midi ? Que penseraient-ils des monceaux de mouchoirs abandonnés ça et là sur le sol et la table de nuit ? Mettraient-ils cela sous le coup d’une allergie au pollen, aux acariens ? Que diraient-ils ? Baisseraient-ils la tête en faisant comme s’ils n’avaient rien vu ? Trouveraient-ils un prétexte ridicule pour écourter leur visite ? Ou alors, feraient-ils preuve d’empathie, d’un intérêt sincère pour ses états d’âme ? Ses larmes qu’elle garde laborieusement souterraines, pourraient-elles librement se déverser à la surface pour être recueillies sans limite dans leurs cœurs grands ouverts ?

Elle ne sait pas. Pourtant, les vrais amis devraient pouvoir être là dans les bons comme dans les moins bons moments de la vie. Mais comment savoir sinon en prenant un risque ? Non décidément, ce risque elle n’est pas encore prête à le prendre. Alors, elle va rester forte. Tout au long de la soirée, elle prendra sur elle, aura les bons mots, écoutera l’un, encouragera l’autre, participera à la rigolade. Et au bout de quelques heures, le miracle de l’amitié la prendra par surprise. Elle se sentira mieux. La joyeuse compagnie de ses amis aura adoucit sa peine.

C’est fou comme ses amis peuvent lui faire du bien même sans qu’ils s’en rendent compte !

Chacune le sien. Pas de jalouse.

La brune, la blonde et la châtaine. Trois, elles étaient trois. Un vrai trio de choc ! On aurait pu les appeler « Les trois drôles de dames » tellement elles étaient différentes les unes des autres. Mais elles se complétaient à merveille.

La brune était la plus âgée mais aussi la plus sportive et la plus rigolote. C’était elle qui mettait l’ambiance et qui faisait que la vie était légère et pleine de rebondissements.

La blonde, elle, était la plus coquette. Rêveuse, toujours le nez dans ses bouquins, les deux autres peinaient parfois à l’en extirper. Elle apportait au trio un peu de douceur et d’apaisement.

Source Pinterest
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Enfin, la plus jeune, la châtaine au visage constellé de tâches de rousseur était la plus émotive. Toujours angoissée par ses futurs résultats scolaires, qui se révélaient d’ailleurs toujours les meilleurs des trois, elle avait souvent besoin d’être rassurée quant à ses capacités.

Etre ensemble était leur plaisir. Qu’elles rient, rêvent ou pleurent, elles formaient un front uni face à cette grande et belle aventure qu’on appelle : la vie.

Devinez qu’elle fût la première à se marier ? La rigolote, la rêveuse ou l’émotive ? C’est la blonde rêveuse, celle qui attendait son prince charmant depuis le berceau ! Quelques années plus tard, la châtaine rencontra l’homme qui la rassurerait avec une patience infinie. Pour la brune, trouver l’amour se révéla plus compliqué. Les garçons l’aimaient pour son côté sportif et rigolo mais dépassaient rarement le stade de… l’amitié…

Sans surprise, pour son mariage, la blonde choisit ses deux amies pour témoins. La veille du jour J, c’est ensemble qu’elles passèrent sa dernière soirée de jeune fille célibataire, à manger des friandises tout en pleurant devant « Légendes d’automne » qui leur faisait découvrir un Brad Pitt éblouissant.

Au fil des années, prenant des chemins de traverse différents, leurs liens se distendirent, mais sans jamais se rompre complètement. Elles ne se virent plus que très épisodiquement. Mais elles étaient loin, mais alors, très très loin de se douter que chacune d’entre elles allait bientôt vivre une épreuve qui les rapprocherait de nouveau.

Cette épreuve surgit d’abord chez miss tâches de rousseur, ce qui, vous pensez bien, n’arrangea pas ses problèmes d’angoisse. Elle survint ensuite chez la rêveuse dont les doux rêves laissèrent alors leurs sièges aux hideux cauchemars, et enfin, chez la brunette qui vit sa joie de vivre fondre comme neige au soleil.

Oui, qui aurait pu deviner que ces trois amies d’enfance auraient un jour un point commun empoisonné ? Qui aurait pu savoir que ces trois trentenaires gourmandes de vie seraient l’une après l’autre atteintes d’un cancer ? Chacune le sien. Pas de jalouse. L’une de la tyroïde, l’autre du côlon et enfin du sein pour la dernière.

Source Pinterest
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D’abord terrassées par la nouvelle, ensuite soulagées d’échapper à la chimiothérapie, elles se virent toutes les trois enlever un petit bout de mort.

Désormais, elles connaissent bien la contrainte et l’angoisse liées aux examens de contrôle, mais dociles, elles s’y soumettent malgré tout de bon gré, pressées de tourner cette page sombre, cette parenthèse sans saveur de leur vie.

Aujourd’hui, au détour d’une rue, on peut les rencontrer en train de bavarder autour d’une tasse de thé ou de café. Et si on s’approche un peu plus près, on peut même les entendre se confier leurs peurs et leurs interrogations. Pourquoi elles ? Pourquoi si jeunes ? Leur cancer aurait-il un lien avec la catastrophe de Tchernobyl survenue à l’époque de leur adolescence ? Mais non, c’est vrai, ce n’est pas possible puisque le nuage radioactif s’est arrêté à nos frontières, on ne craignait rien… Serait-il possible que certaines régions soient plus propices au développement de certains cancers ?

Oui, c’est dur d’avoir 30, 35 ou 38 ans et d’être touchée par une maladie mortelle. C’est dur de perdre son insouciance et de se dire que la vie ne sera plus jamais comme avant. Car pour toutes les trois, il y aura dorénavant un avant et un après cancer.

Mais bon, elles gardent leur optimisme car elles ont échappé au pire. Elles espèrent en un avenir meilleur pas seulement pour elles, mais pour tous ceux qui souffrent et gémissent sur leur lit de douleur…

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Cet article a été publié sur So Busy Girls sous le titre « Trois amies et un point commun empoisonné… »