« Moins on se voit plus on s’aime » ?!

Un lundi matin au bureau.

– Salut Maryse, as-tu passé un bon weekend ?

– Trop top ! Resto entres filles, bavardages et lèche-vitrines.

– Et ton mari ?

– Oh lui, il était avec ses potes. Et toi ?

– Moi, cinéma et cocooning avec Chéri.

– Comme d’hab quoi ? Vous êtes vraiment inséparables tous les deux.

– Oui, c’est vrai qu’on aime être ensemble dès que possible.

– Et pour les prochaines vacances, tu as prévu quoi ?

– Peut-être l’Espagne.

– Avec qui pars-tu ?

– Ben, avec Chéri pardi !

– Non, parce que tu aurais pu aussi décidé de partir avec tes copines. Regardes, moi par exemple, cet été je pense partir en Grèce avec ma meilleure amie.

– Et ton mari ?

– Lui, il pense suivre ses amis dans le sud de la France.

– D’accord. Et ça vous fait rien de partir en vacances chacun de votre côté ?

– Non, pourquoi ? Partir pour mieux se retrouver, n’est-ce pas ce qu’on dit ?!

– Bof. Perso, les meilleurs souvenirs que j’ai avec Chéri sont ceux de nos escapades en commun. C’est vrai quoi, toute la semaine, toute l’année, on ne se voit que quelques heures par ci par là entre nos diverses activités, alors les weekends et les vacances sont pour nous un moyen de nous retrouver un peu.

– Oui, je comprends ce que tu veux dire. Mais nous, moins on se voit plus on s’aime.

– …

Franchement, j’ai l’impression de ne plus être à la page, de faire partie d’un autre âge, de ne plus rien comprendre aux relations de couple.

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes aiment vivre seules mais en couple, vivre en couple mais comme des célibataires, faire leur vie chacun de leur côté mais sous le même toit… C’est drôle…

Moi qui pense que vivre en couple c’est, au contraire, tout partager, tout vivre ensemble, les bons comme les moins bons moments, cela me laisse songeuse… Bien sûr, je ne suis pas contre les sorties entre filles, bien au contraire, mais de là à se séparer pour les vacances, il y a une marge.

Mais c’est vrai qu’en y regardant de plus près, les choses ont bien changé depuis la génération de nos parents. On est devenu beaucoup plus individualiste, plus à l’écoute de nos propres désirs oubliant ou reléguant en second les désirs de l’autre.

Aujourd’hui, on veut bien dormir à deux dans le même lit mais à condition qu’il fasse 180 cm de large et pas 130, histoire d’avoir de la place et que l’autre ne nous gêne pas. On veut bien se partager la salle de bains mais on y installe deux vasques pour être plus à l’aise. L’armoire a laissé place aux dressing, chacun son côté. On trouve des télévisions dans plusieurs pièces pour que chacun puisse suivre le programme qui lui plaise même si c’est seul qu’on le regarde…

Avant, le soir, une pièce de la maison était éclairée et la famille y était réunie pour prendre son repas et discuter de la journée et peut-être jouer à un jeu de société. Maintenant, on peut apercevoir de la lumière dans chaque pièce, le mari devant sa télé, la femme devant son ordi, les enfants devant leurs jeux vidéos ou avec leur portable…

Pourtant, on sait que la communication, passer du temps ensemble, partager sont la base d’une relation durable et de bonne qualité, mais sommes nous prêts à nous asseoir sur certains de nos désirs pour ces valeurs ?

Qu’en pensez-vous ?

Source Pinterest
Source Pinterest

Avec lui, ça n’a pas été le coup de foudre, mais…

Il était un des amis de mon frère. Il venait donc souvent le voir chez mes parents où je vivais en attendant de finir mes études, de trouver un emploi et prendre enfin les voiles pour vivre ma vie.

Il était gentil, sympa, mais souvent m’agaçait. Son humour m’horripilait. Ses blagues à deux balles, ses jeux de mots sur tout et n’importe quoi me laissaient de glace.

Quelques fois, (j’en ai honte aujourd’hui) je ne daignais même pas sortir de ma chambre pour venir le saluer. Seuls les appels répétés de ma mère exaspérée par mon impolitesse me faisaient descendre les escaliers et venir lui faire la bise. Et lui, toujours égal à lui-même, m’accueillait alors avec un large sourire, sans ressentiment aucun, prêt à m’envoyer une boutade de son crû pour essayer de me détendre, ce qui, soit dit en passant, avait le don de m’exaspérer encore davantage.

Côté physique, il n’avait rien de bien transcendant. Certes, il avait les cheveux bruns, les yeux marrons et la peau mate que j’appréciais, mais ses traits étaient on ne peut plus banales, il portait de vilaines lunettes, sa façon de se coiffer était d’un autre âge et il ne faisait que deux centimètres de plus que moi, autant dire qu’avec mes chaussures à talons je le dépassais la plupart du temps.

Issu d’une famille modeste, on aurait pu penser qu’il serait attiré par des études et un métier qui lui procureraient plus d’argent que n’en avaient ses parents. Mais non, inconnues de lui étaient les notions d’ambition, de carrière, et d’argent. Malgré ses capacités intellectuelles et manuelles, il s’était contenté d’un Bac + 2 et d’un petit boulot d’employé dans une grande surface.

Mais alors, si ce ne sont ni son humour, ni son physique, ni son compte en banque qui m’ont séduite, qu’est-ce qui a bien pu me rendre amoureuse de lui ? Comment a-t-il pu conquérir mon cœur ? Et bien, la réponse tient en un mot, mais pas des moindres :

GENEROSITE.

Il était un homme généreux. Généreux de son temps, de son énergie, de ses biens. Il ne comptait pas mais donnait avec largesse sans rien attendre, jamais, en retour. Il donnait et cela le rendait heureux. On aurait dit que son but, dans la vie, était de rendre les autres heureux, et il s’y attelait avec plaisir jour après jour.

Moi qui avais manqué d’amour, d’affection, d’attention, cette qualité qu’il manifestait naturellement m’a ému au plus profond de mon être et l’a transformé, à mes yeux, en l’homme le plus désirable, le plus séduisant et le plus riche de toute la terre. Comment ne pas être heureuse, ne pas connaître le bonheur auprès d’un homme prêt à s’oublier pour le bien-être de l’autre.

Alors voilà, avec lui, ça n’a pas été le coup de foudre, mais c’est tout doucement que je lui ai ouvert mon cœur attirée par sa générosité, cette absence d’égoïsme qui fait tant défaut aujourd’hui dans le monde. C’est cette qualité là, plus qu’une autre, qui fait que je l’aime.

Et vous, qu’est-ce qui vous attire chez un homme ?

Coup de foudre

5 ans de mariage, tu voulais marquer le coup…

Crédit photo Pinterest
Crédit photo Pinterest

Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Je crois que de tous nos anniversaires de mariage c’est bien celui-là qui m’a le plus marqué. Cela faisait 5 ans que nous nous étions dit « oui » devant Monsieur le maire, et tu as voulu me faire une surprise pour marquer le coup. Pourtant, tu savais pertinemment que je n’aimais pas trop les surprises. Perdre le contrôle, ne pas savoir comment réagir, avoir peur de l’inconnu étaient autant de démons qui me poursuivaient. Toutes mes angoisses ne t’ont pas refroidi, tu voulais me faire plaisir et tu m’as concocté un instant de vie d’une rare intensité.

Je me souviens c’était une belle journée de printemps, on supportait les manches courtes mais avec un petit pull sur les épaules, juste au cas où. Nous sommes montés dans la voiture, et là, tu m’as bandé les yeux. Ça je n’ai pas trop aimé, ne pas savoir ce qui se passait tout autour de moi, brrr quelle horreur ! Mais pour te faire plaisir, je m’y suis soumise malgré tout, je te voyais tellement excité et joyeux… Nous avons roulé une quinzaine de minutes et sommes arrivés à destination. En dévoilant mes yeux, j’ai découvert un petit terrain d’aviation niché entre deux montagnes sur lequel attendait un petit avion 4 places avec à son bord le pilote qui patientait.

Je me souviens que je souriais et te regardais tendrement, touchée par cette généreuse attention. Nous sommes donc montés à bord, avons mis des casques sur les oreilles, et nous nous sommes envolés pour une balade dans les airs. Qu’est-ce que notre région était belle vue d’en haut ! Je découvrais des lacs inconnus, je voyais des villages et des maisons toutes petites. C’était magique ! Quelle belle surprise tu m’avais fait là, pensais-je tout bas. Au bout de plusieurs minutes de vol, je pu apercevoir le village de ton enfance où vit encore ta famille. Je scrutais avec attention l’horizon pour voir si je n’apercevrais pas la maison de tes parents. Et je ne fus pas déçue, oh ça non, car non seulement je la vis, mais quand le pilote s’approcha plus près, quand il pencha son avion du côté où j’étais assise, quelle ne fut pas ma surprise quand je vis se dessiner sous mes yeux un cœur  immense avec inscrit à l’intérieur « 5 ans » ! Sur le terrain attenant à la maison de tes parents, avec des gros rouleaux de papier d’imprimerie, tu avais écrit amoureusement ce message. Et tes parents étaient là, juste à côté, guettant notre passage pour nous faire de grands signes nous souhaitant bon vol et un joyeux anniversaire de mariage.

Je me souviens avoir eu la gorge serrée et t’avoir souris à pleine dents, les yeux embués de larmes. Se sentir aimée était à ce moment là un sentiment comparable à une chaude couverture dans laquelle je serais venue me pelotonner, moi qui avais eu si souvent froid… Merci Chéri pour cet instant de vie précieux à mon cœur.

Souvenir romantique d’un mois de décembre

Il est venu me chercher un matin de décembre.
Fébrile et les yeux pétillants, il m’a dit : 
 » Viens, je t’emmène faire une petite balade. « 
Et moi, voulant assouvir ma curiosité, de répondre : 
 » Où veux-tu m’emmener ? « 
En guise de réponse, j’ai dû me satisfaire d’un léger sourire au coin des lèvres…
Docile, je l’ai suivi. 
Il a pris le volant, je me suis assise à côté de lui et nous avons roulé, roulé, roulé…
Le paysage défilait sous mes yeux. 
Je me souviens qu’il faisait beau ce jour là. 
Il faisait frais, il y avait du vent, mais le soleil était au rendez-vous.
Et puis, deux heures plus tard, il s’est garé. 
Il s’est tourné vers moi et m’a dit : 
 » Alors, qu’est-ce que tu commandes ? « 

Surprise, je le regardais sans comprendre. 
Et puis, je me rendis compte que nous étions au drive d’un Quick. 
Regardant alors ma montre, je vis que midi était déjà passé. 
La tête dans les nuages, je n’avais pas vu le temps passer…
Une fois en possession de notre fameux pique-nique, il a repris la route. 
Puis quelques minutes plus tard, il arrêta la voiture. 
Nous étions arrivés à destination.
Sa destination. 
Une des calanques de Marseille. 
Cette ville que je ne connaissais pas encore. 
Cette ville qu’il chérissait pour y avoir passé deux belles années. 
Nous avons marché et nous nous sommes assis devant un panorama à couper le souffle!

Et c’est dans ce cadre magnifique, ses bras autour de moi, qu’il me tendit une rose. 
Une rose tout à fait spéciale… 
Une rose qui cachait derrière ses feuilles la promesse d’une vie à deux. 
Elles étaient là, glissées le long de la tige, en attendant d’orner nos doigts amoureux. 
Deux alliances de fiançailles. 
En attendant celles du mariage…

C’était un mois de décembre.

Le plus romantique des mois de décembre…