Le jour où j’ai rencontré la lâcheté pour la première fois

Longtemps, je me souviendrai de cette mauvaise rencontre tant elle m’a laissée comme un arrière-goût désagréable. J’aurai préféré ne jamais croiser son chemin, mais, très tôt, elle est apparue dans ma vie, si bien que je compris bien vite que le monde de M. Disney était très loin de la réalité. Les preux chevaliers venant te sauver au péril de leur vie, méprisant tous les dangers, étaient de la poudre de perlimpinpin.

Non, les garçons n’étaient pas tous courageux. Non, les garçons ne traitaient pas souvent les filles comme des princesses. Oui, ils pouvaient être lâches parfois et, oui, une fille ne devait pas toujours compter sur eux pour être protégée.

Mais je ne leur en veux plus. Je peux comprendre le pourquoi de leur comportement. C’est juste qu’ils m’ont profondément déçue. C’est juste que je ne m’attendais pas à faire sa connaissance à travers eux. Eux, mes chers voisins, avec qui je jouais dehors à une multitude de jeux aussitôt que possible.

Ils avaient deux ans de plus que moi. Ils étaient jumeaux. Je les trouvais grands et costauds. Souvent, c’est ensemble que nous allions à pied à l’école. Il m’arrivait de courir derrière eux pour les rattraper afin d’arriver au portail de l’école toute fière d’être en leur compagnie. Ils étaient vraiment très gentils et nous passions beaucoup de temps ensemble.

Mais ça, c’était avant cette terrible rencontre, avant mon face-à-face avec la lâcheté. Car après avoir fait sa connaissance, le regard que je portais sur eux a bel et bien changé. Je n’ai pu l’empêcher.

Fillette

Elle m’a prise par surprise, brutale et sans concession.

C’était un soir, vers 18 heures. Nous étions quelques élèves de CM2 – inscrits par nos parents pour faire nos devoirs à l’école – à sortir de l’établissement scolaire après une longue journée d’apprentissage. Fatiguée et pressée de rentrer chez moi, j’étais partie comme une flèche. Alors que je marchais sur le trottoir, un groupe de quatre garçons m’a accostée. Deux étaient à pied, les deux autres à vélo. Je reconnus immédiatement deux d’entre eux. Qui n’aurait pas reconnu les deux têtes brûlées de l’école, ces deux garçons dont la mauvaise réputation les précédait où qu’ils allaient ?

Au début, je pris le parti de les ignorer, essayant de poursuivre mon chemin, sans leur répondre ni même croiser leurs regards. Mais alors que je passais devant l’entrée d’une impasse, ils m’y poussèrent et bloquèrent le passage m’interdisant toute issue. Je ne pleurais pas. Je faisais la forte, celle qui n’avait pas peur. Mais je sentais mon cœur battre plus vite, ma gorge se serrer, mon ventre se tordre et mes genoux trembler.

Et puis, soudain, une pensée rassurante émergea dans mon esprit me redonnant une lueur d’espoir inattendue. Ils allaient passer devant l’impasse, mais oui, mes chers voisins étaient loin derrière moi quand j’étais sortie de l’école, ils n’allaient donc pas tarder à apparaître. Ils viendraient à mon secours en faisant fuir mes persécuteurs. Je reprenais donc de la vigueur et gardais contenance face aux bad boys.

Comme je m’y attendais, c’est avec un grand soulagement que je les vis bientôt surgir à l’embouchure de l’impasse dans laquelle je subissais insultes et intimidations. Ils allaient intervenir, c’était sûr. Plus que quelques secondes et j’allais pouvoir rentrer chez moi sans encombre. Mais c’était sans compter l’invitée surprise…

Je les revois encore tourner la tête vers moi, me regarder, ralentir le pas, puis détourner le regard et poursuivre leur chemin la tête basse. A ce moment précis, la lâcheté était apparue pour la première fois dans ma vie. Elle était laide, faisait piquer les yeux et donnait la nausée. Je l’ai tout de suite détestée.

Elle m’a laissée entre les mains de mes agresseurs, plus seule que jamais.

Heureusement pour moi, la conscience d’un des quatre garçons soudain se réveilla, si bien que j’entendis une voix dire au reste du groupe : « Allez, c’est bon, laissez-la tranquille. » Alors, le plus dur d’entre eux s’avança vers moi, me gifla brutalement et, emmenant sa bande avec lui, quitta l’impasse comme si de rien n’était.

Je restais toute tremblante dans ce sinistre lieu, abasourdie par les deux gifles que je venais de recevoir. L’une me brûlait la joue, l’autre le cœur…

Et vous, la lâcheté, l’avez-vous déjà rencontrée ?

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Il avait tout faux… avec moi, ça ne marche pas comme ça.

dragueur

J’aime la simplicité, l’authenticité. Pour me plaire, mon chéri n’a pas eu besoin d’en faire des tonnes. Il a suffi d’un peu d’humour, de sincérité, de franchise et d’honnêteté pour que mon cœur vacille. J’aime les gens qui sont vrais, non superficiels, qui ne misent pas tout sur les apparences. Je me souviens d’une anecdote qui illustre tout à fait mes propos.

J’avais 20 ans. La semaine, étudiante sur Grenoble, je vivais dans un petit studio attenant à la maison des propriétaires. Le week-end, je rentrais chez mes parents.

Un soir, vers 18h, je m’apprêtais à entrer dans mon studio quand la fille des propriétaires m’appela et m’invita à entrer chez eux. Avec un large sourire, elle me dit : « Tu ne nous avais pas dit que tu avais un amoureux ! » Interloquée, je les regardais sans comprendre. Alors, me montrant un énorme bouquet de roses rouges posé sur la table de la cuisine, elle reprit : « Un livreur a déposé cela pour toi. »

Source Pinterest
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Sur le moment, je pensais que c’était une blague. Je lui assurais que j’étais célibataire et que je n’avais aucune idée d’où ces roses pouvaient bien provenir. Mais je vis dans ses yeux qu’elle ne croyait pas un mot de ce que je lui racontais. J’emportais donc le volumineux bouquet de roses dans mon studio.

Songeuse, je disposais les roses dans un vase, incapable de deviner quelle main avait pu écrire les quelques mots que je venais de découvrir sur la carte accompagnant les fleurs : « De la part d’un fidèle admirateur ». Quel cliché ! Ai-je pensé tout bas. Mais ce que je ne savais pas encore c’est que cette soirée allait m’emmener de cliché en cliché.

Aux alentours de 22h, alors que je buvais tranquillement ma tisane du soir, le téléphone se mit à sonner. Qui pouvait bien m’appeler à cette heure tardive ?! Je décrochais le combiné et j’entendis une voix masculine que je ne reconnaissais pas me demander : « Alors, tes roses te plaisent ? » Surprise, je demandais qui était à l’appareil. La voix me répondit : « C’est Stéphane* ! » « Stéphane ? » J’avais beau faire travailler mes neurones, je ne parvenais pas à mettre un visage sur cette voix, ce prénom. C’était légèrement flippant ! Il m’expliqua alors quand et comment on s’était rencontré, et enfin la mémoire me revint. J’avais fait vaguement sa connaissance lors d’une soirée chez des amis. Il était de Lyon, avait 10 ans de plus que moi et son physique n’était pas désagréable. Comment il s’était procuré mon numéro de téléphone ? Mystère ! Encore un ami bien attentionné qui avait dû le lui donner à sa demande…

Gênée, je le remerciais pour les roses. La question qu’il me posa alors me laissa sur le carreau : « Devine où je suis ? » Je n’osais pas penser à la réponse que je devinais déjà. « Euh, je ne sais pas… » lui répondis-je d’une petite voix. Et lui, de répondre sur un ton conquérant : « Je suis garé devant chez toi, on peut se voir ? » Tout se bousculait dans ma tête. Que faire ? Le recevoir ? Aller à sa rencontre, dehors, à cette heure ? Il était venu de Lyon jusqu’à Grenoble quand même… Attendant ma réponse, je lui répondis que je sortais le voir.

Source Pinterest
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Il faisait noir et froid, mais je n’eu pas de problème pour le repérer. Il était appuyé, avec une désinvolture étudiée, contre la portière d’une décapotable qu’éclairait la lumière d’un réverbère. En m’approchant, j’aperçus une bouteille de champagne posée sur le siège passager. Pour fêter quoi ?! Allez savoir… Avant même d’approcher mon visage du sien pour lui faire la bise, les effluves de son parfum remplirent mes narines au point de me faire tousser. Je pensais, un peu ironiquement, qu’il avait dû vider la bouteille sur lui.

Après les salutations d’usage, il commença à me baratiner, allant jusqu’à me dire, qu’ayant quelques notions en morphopsychologie, il avait décelé, grâce à la forme de mon visage, que nous étions faits l’un pour l’autre. Je n’en croyais pas mes oreilles ! Il était sérieux, là ?! Je faillis regarder tout autour de moi pour m’assurer que ce n’était pas une caméra cachée !

Mais lui, sur de son coup, ne se doutant pas une seule seconde que son plan était voué à l’échec avec moi, continua sur sa lancée en m’invitant au restaurant. Comprenant que je devais mettre un terme à ses illusions le plus rapidement possible, je déclinais gentiment son invitation.

Il ne comprit pas mes réticences. Je ne les justifiai pas. Je ne désirais pas sortir avec lui, un point c’était tout. Ce n’était quand même pas parce qu’un homme, que je n’avais vu qu’une ou deux fois, me sortait le grand jeu que je n’avais pas mon mot à dire, que c’était gagné d’avance ! Je n’avais rien demandé, moi. Les roses, le champagne, la décapotable, l’invitation au resto, la cascade de parfum, le trajet Lyon-Grenoble, ok, c’était bien beau, mais voilà, cela ne le rendait pas plus attirant à mes yeux. Nous nous séparâmes.

La semaine suivante, je repensais beaucoup à lui, à mon attitude, me demandant si j’avais bien fait ou pas de réagir ainsi. Le nuage de la culpabilité pointait à l’horizon. Mais ce que j’appris quelques jours plus tard m’ôta mes derniers scrupules. Il mangeait régulièrement au resto avec ma meilleure amie. Elle avait sa photo dans son portefeuille. Les roses, le champagne, elle y avait eu droit, elle aussi. Et la décapotable était une voiture louée…

Avide de sincérité et d’authenticité, j’avais dû être rebutée, sans le savoir, par cette mascarade.

Et vous, qu’auriez-vous fait ?

*Par souci d’anonymat le prénom a été changé.

ArticlepubliéSobusygirls

Comment le respect des valeurs nous mena à " la table aux fleurs "

L’anecdote que je vais maintenant vous raconter est très chère à mon coeur. Elle fait partie des quelques moments privilégiés que je veux garder gravés dans ma mémoire.

Alors voilà…

Il y a quelques années, à l’occasion de notre anniversaire de mariage, mon mari et moi sommes allés en Tunisie. Nous avions réservé une semaine en pension complète dans un complexe hôtelier français. Chaque jour, nous prenions notre petit déjeuner, notre déjeuner et notre dîner dans une vaste salle de restaurant où beaucoup d’autres touristes venaient également se restaurer.
Le troisième jour de notre séjour, une chose surprenante se produisit…
Un des serveurs tunisiens, que nous avions l’habitude de rencontrer depuis le début de notre semaine de vacances, s’avança vers nous et nous dit :

 » Je vous ai réservé une table, venez, suivez-moi. « 

Etonnés, nous lui emboîtâmes le pas, curieux de savoir où il allait nous faire asseoir. Et là, surprise ! Il s’arrêta devant une table sur laquelle trônait un joli vase rempli de magnifiques fleurs fraîches !!! La seule table aux fleurs de tout le restaurant ! Le sourire aux lèvres, il nous dit alors :

 » A partir d’aujourd’hui et ce jusqu’à la fin de votre séjour, je vous réserverais une table. Vous la reconnaîtrez grâce au vase de fleurs que je disposerais chaque jour dessus.  » 
 
Après l’avoir remercié pour sa gentillesse et sa délicate attention, mon mari et moi nous sommes regardés. Pourquoi ce privilège nous était-il attribué ? Ce serveur savait-il que nous fêtions notre anniversaire de mariage ? Pourtant, nous n’en avions parlé à personne. Non, il devait y avoir une autre raison. Mais laquelle ? Nous décidâmes, dès que l’occasion se présenterait, de lui poser la question directement.
Chaque jour, à chaque repas, nous cherchions donc  » la table aux fleurs « . Et c’est seulement lors de notre petit déjeuner du dernier jour de nos vacances que l’occasion de comprendre le pourquoi de ce beau geste se présenta. Après lui avoir posé la question, le serveur nous répondit qu’il avait été profondément touché par notre politesse et la décence de ma tenue vestimentaire. C’était sa façon de nous remercier pour le respect de ses valeurs.
Et c’est à ce moment là que je compris combien le conseil que j’avais lu dans Le guide du routard sur la Tunisie était judicieux ! En effet, j’ai l’habitude, avant de partir à l’étranger, de me documenter sur les coutumes, la culture… du pays dans lequel je vais me rendre. Concernant la Tunisie, voici ce qu’on peut lire dans Le guide du routard :   » La tolérance est généralement présentée comme étant l’un des traits de caractère fondamentaux du peuple tunisien, mais on est en pays musulman, ne l’oublions pas. Un certain nombre de règles s’imposent dans le comportement et dans la tenue vestimentaire, (…) , porter des vêtements décents qui ne soient ni trop moulants ni trop décolletés.  » 


Tenant compte de ce conseil, je faisais donc attention au choix de mes vêtements quand nous nous rendions dans la salle de restaurant où les serveurs tunisiens étaient nombreux. Réservant le maillot de bain et le paréo pour la plage et la piscine.

Et voilà comment le respect des valeurs tunisiennes nous permit de bénéficier de la reconnaissance de Béchir qui, en plus, nous offrit ce petit chameau en terre cuite pour notre départ…