La piste du bonheur

C’était une autre époque. Une époque pas si lointaine, mais une autre époque tout  de même. C’était au temps des bals musette, des bals en plein air. Qu’est-ce que j’aimais en rencontrer un, posé là, au détour d’une rue piétonne, tels une parenthèse, un grain de folie dans les rouages bien réglés d’une vie beaucoup trop sérieuse !

guirlande-mariage-ampoule-lumiere-exterieur
Elisabeth Kate Photography

Entre un père militaire, plus enclin à donner des ordres que des baisers, et une mère au foyer, plus prompt à dégainer le martinet que le bâton de sucre d’orge, je ressemblais parfois à ces poupées de porcelaine toujours sages et bien mises, les yeux grand ouverts, mais incapables de bouger.

Il m’arrivait souvent de me demander s’ils s’aimaient ces deux là. Etait-il possible de s’aimer sans geste tendre ou mot doux ? Pourquoi ne se prenaient-ils jamais dans les bras, ne se tenaient-ils jamais la main ? Ces questions dansaient dans ma tête me rendant un peu anxieuse et cela d’autant plus quand je les surprenais en train de s’adonner à leur passe-temps favoris : la dispute.

Quand j’étais couchée, le soir, dans mon lit aux barreaux blancs et boules dorées, j’entendais leurs éclats de voix. Je ne comprenais pas ce qu’ils se reprochaient l’un l’autre, mais mon imagination allait bon train, si bien que le matin, quand je descendais les escaliers afin de rejoindre ma maman pour le petit-déjeuner, j’entendais déjà les mots tant redoutés : « Papa et moi, on divorce ».

Pourtant ces mots, je ne les entendis jamais. Mon imagination me jouait des tours et c’était tout.

Mais voilà pourquoi j’aimais tant les bals et autres pistes de danse. Ils avaient un pouvoir extraordinaire, celui de rapprocher les gens, les couples, les parents.

De multiples fois, j’avais pu observer la comédie qui se jouait devant moi en ces occasions bénies. Mon père, tout d’abord, fidèle à lui-même, s’efforçait de rester indifférent face à l’agitation bonne enfant qui l’entourait soudain. Mais l’éclat subit de ses yeux, l’ébauche d’un demi-sourire et un léger frémissement de tout son corps le trahissaient sans laisser la moindre place au doute. Son envie de s’élancer sur la piste était  palpable. Quant à ma mère, la question ne se posait même pas. Il suffisait de la voir regarder les couples danser, puis d’observer son visage tendu vers celui de mon père, pour deviner ce qui allait se passer.

beige-linen-wedding-bunting
Photo trouvée sur http://www.oncewed.com

D’un même mouvement, ils se tournaient alors vers moi, m’ordonnaient de ne pas bouger, et s’élançaient enfin vers la piste du bonheur. Regarder mon père, ma mère sur les talons, se frayer un chemin parmi la foule rassemblée était, pour moi, un moment d’une rare intensité. Ce qui était drôle, c’était de voir ma mère marcher sur la pointe des pieds, en sautillant, devenue subitement aussi légère qu’une plume. C’était comme si, elle se serait alléger d’une lourde carapace qu’elle aurait déposée à mes pieds s’octroyant un plaisir tant fugace que réparateur.

Une fois sur la piste, mon père prenait les rennes menant la danse d’une main de maître. Ses gestes étaient vifs, fermes et précis. Entre ses mains, ma mère tournoyait d’un côté puis d’un autre, ses longs cheveux dessinant des arabesques étranges. C’était beau, touchant. Pour moi, c’était rassurant. J’étais fière d’eux. Ils formaient le plus joli couple de la terre.

A mes pieds, gisaient leurs carapaces que j’aurais souhaité soulever  pour les jeter au fin fond de la Meuse qui passait pas bien loin. Mais celles-ci étaient si lourdes ! Alors, l’espace d’une danse, je décidais de les ignorer, bien décidée à me délecter de ce moment précieux qui, j’en étais convaincue, resterait gravé longtemps dans ma mémoire, très longtemps même…

 

 

Tout dépend de mon état d’esprit

Résilience

Je crois qu’on est tous à la recherche du bonheur, ou du moins d’un bonheur relatif.

Certains pensent que c’est l’argent qui permet d’être heureux. Personnellement, je ne le crois pas. Je sais pourtant que l’argent facilite les choses, et que les difficultés financières, elles, les compliquent beaucoup. Mais quand on a plus d’argent, le bonheur est-il toujours au rendez-vous ? Non, pas toujours.

D’autres pensent que le bonheur dépend d’une bonne santé. C’est vrai qu’être en bonne santé contribue largement à profiter au mieux de la vie, et nous évite bien des angoisses. Mais les gens en bonne santé sont-ils pour autant tous heureux ? Non, encore une fois, non.

D’autres encore croient qu’il faut un physique de top modèle pour goûter au bonheur. Là encore, je dis non. Ce bonheur-là est tellement éphémère. Avec les années,  la beauté se fane et que reste-t-il alors ? Il ne reste plus que des photos, souvenirs qui laissent parfois un goût amer.

Pour moi, avoir peu ou beaucoup d’argent, avoir des soucis de santé ou n’être jamais malade, avoir un physique banal ou avantageux ne doivent pas être des critères qui définissent notre rapport à la vie. Je trouverai cela si injuste ! Je m’oppose à l’idée que seuls les riches, seuls ceux qui pètent la forme ou seuls ceux qui sont beaux comme des dieux soient ceux qui puissent connaître le bonheur !

En fait, je suis convaincue que tout dépend de notre état d’esprit, du regard que nous portons sur la vie, sur notre vie. Notre état d’esprit va nous aider soit à atteindre des objectifs, soit à les abandonner. Dans des situations graves, c’est notre état d’esprit qui va nous permettre soit de faire ressortir le meilleur de nous-mêmes, soit le pire.

C’est notre état d’esprit qui va avoir une bonne ou une mauvaise influence sur notre bonheur. C’est pourquoi on doit savoir le maîtriser et ne pas se laisser envahir par des raisonnements ou des pensées négatives.

Le pessimisme enlève l’énergie dont on a besoin pour aller plus loin, pour améliorer une situation ou tout simplement pour supporter une situation compliquée. Je le rejette de toutes mes forces ! Je m’interdis tout état d’esprit négatif bien décidée à me concentrer sur tout le positif qui m’entoure. Et je peux vous dire qu’il y en a du positif autour de nous !

Quels sont vos petits bonheurs de l’été ?!

On l’a tant attendu. Et aujourd’hui, il est là.

Vive l'été

L’été nous ouvre ses portes. Il nous invite à profiter de ses petits bonheurs.

Ces petits bonheurs ne dureront guère que quelques mois mais nous laisseront des souvenirs impérissables. Des souvenirs qui viendront nous titiller au plus froid de l’hiver et nous faire languir à nouveau la saison douce.

Mais quels sont vos petits bonheurs de l’été ? Je suis sûre que vous en avez bien quelques uns en tête !

En tout cas, moi, j’en ai plein ma musette…

Etre réveillée par un rayon de soleil insistant.

La fraîcheur des matins après de chaudes nuits.

Prendre mon petit-déjeuner sur la terrasse.

Marcher pieds nus dans une herbe fraîche.

Enfiler une tenue légère.

Abandonner le fond de teint et pourtant avoir bonne mine.

Oser le blanc et les couleurs flashy.

Sentir le Monoï.

Faire les soldes et autres braderies de l’été.

Savourer des fruits délicieux : pastèque, melon, framboise, myrtille, pêche, abricot, tomate…

Cuisiner vite et facile avec les salades/barbecues.

Aux heures les plus chaudes, me laisser bercer par le ronronnement du ventilo

et faire une sieste sans culpabiliser.

Déguster une glace à toute heure de la journée.

Partir en vacances.

Aller à la plage, à la piscine, au lac, à la rivière

et sentir la caresse de l’eau fraîche sur mon corps saturé de chaleur.

Lire un livre léger et pétillant en plein air.

Les apéros dînatoires qui s’éternisent.

Le soir, flâner dans les rues de la ville, s’asseoir en terrasse

et profiter des animations estivales.

Faire un bain de minuit et trouver l’eau tellement plus chaude.

Dormir à la belle étoile.

L’odeur des pluies chaudes après un bruyant orage.

Bon, je crois que je vais m’arrêter là…

Mais, vous, n’hésitez pas à partager vos petits bonheurs de l’été par ici !!!

Jeudi midi ou ma petite bulle de bonheur

Voici quelques mots que je vous écrivais dans mon précédent billet :

« J’attendais la petite bulle de bonheur

qui vient, chaque jeudi, éclaircir en quelques minutes,

et pour quelques heures, mon ciel gris et brumeux… »

Mais quelle est donc cette petite bulle de bonheur, vous demanderez-vous peut-être ? Quelle est donc cette petite bulle magique qui a le don de me faire sourire aussitôt qu’elle paraît ?

Et bien, aussi étonnant que cela puisse paraître pour la No Kids que je suis, cette petite bulle de bonheur prend la forme d’un enfant, d’un petit garçon de 7 ans, de mon cher neveu.

Et oui, on peut choisir de ne pas avoir d’enfants et, en même temps, aimer son rôle de tatie, aimer ses neveux et nièces de tout son cœur, et se délecter de leur compagnie.

Le jeudi est vraiment un jour que j’aime beaucoup. C’est le jour où j’ai la joie de passer un moment privilégié avec mon petit neveu. Je vais le chercher à l’école à midi, nous mangeons en tête à tête, et je le ramène à l’école vers 13h30. C’est vrai que cet instant passe à une rapidité folle, mais ses effets positifs perdurent encore tout au long de la semaine.

Qu’est-ce que j’aime tant chez ce petit d’homme ?

J’aime voir ses yeux sourirent quand il m’aperçoit derrière le portail de l’école.

J’aime entendre son cri joyeux : « Tatie ! » quand il s’élance vers moi oubliant maîtresse et camarades.

J’aime quand, rassasié, il me dit : « Tatie, ton gratin de ravioles est trop bon. Tu peux m’en faire tous les jeudis ! »

J’aime son petit côté attentionné. Comment ne pas fondre, en effet, quand il me dit : « Tatie, tu es très jolie. » Et quand je lui réponds : « Ah bon, tu trouves ?! » lui de me répondre : « Oui, j’aime beaucoup tes cheveux parce qu’ils sont lisses et n’ont pas de nœuds. »

J’aime quand il me dit d’un air approbateur : « Tatie, chez toi c’est toujours propre. »

J’aime son humour, sa joie de vivre, sa spontanéité.

J’aime sa phrase favorite : « Ah, elle est trop belle la vie ! Hein, Tatie ?! »

J’aime ses éclats de rire et son attention non feinte quand je lui raconte des anecdotes rigolotes de ma vie à son âge.

J’aime nos petits délires quand, par exemple, reprenant la mélodie d’une chanson connue on invente de nouvelles paroles et on danse ensemble comme des fous tout en chantant à tue-tête le refrain que nous venons d’inventer.

J’aime nos discussions, ses interrogations, ses confidences.

J’aime quand il me raconte ses rêves et ses cauchemars aussi.

J’aime le rassurer, le consoler, l’apaiser.

J’aime quand, de lui même, sans avoir rien demandé, il vient s’asseoir sur mes genoux, et me dire dans le creux de l’oreille « Je t’aime, Tatie. »

Il y aurait encore tant à dire…

Tout compte fait, il ne s’agit pas vraiment d’une petite bulle de bonheur, mais d’une grosse, d’une énorme, d’une gigantesque bulle de plaisir à l’état pur !

Alors, merci mon petit loup…

Source Pinterest
Source Pinterest