6 ans, des mots et des ricochets

Son père et puis sa sœur aînée et maintenant lui. Il aurait préféré y échapper, se soustraire à la loi implacable de la génétique, mais non, il va devoir mener le même combat. Comme eux, il va ressentir l’angoisse, le désarroi et la honte devant ses camarades. Très vite, il décryptera les lueurs d’amusement, de dédain et de moquerie dans leurs yeux. Il appréciera puis détestera l’empathie et la compassion d’âmes bien attentionnées.

Il ne comprit pas tout de suite ce qui se passait. Ça avait l’air si facile pour les autres enfants, pourquoi en allait-il autrement pour lui ? Pourquoi les mots se bousculaient-ils ainsi dans sa tête sans pouvoir s’échapper naturellement ? Il les sentait lui chatouiller la gorge, puis la langue, prêts à jaillir de ses lèvres entrouvertes, mais cette dernière barrière devait leur paraître infranchissable parce qu’ils s’arc-boutaient contre elle, luttant avec rage. Quand, enfin, au prix de multiples efforts ils parvenaient à s’évader, ils ne s’envolaient pas dans l’air, légers, mais faisaient de nombreux ricochets, pour retomber platement dans un silence assourdissant.

Il aurait pu, suivant ainsi l’exemple de ses aînés, attendre patiemment que ces ricochets cessent d’eux-mêmes. Mais un jour que les plaisanteries de quelques écoliers se firent plus pesantes qu’à l’accoutumée, à tout juste 6 ans, il décida de prendre les choses en mains. Il ouvrit tout grand son cœur à sa maman qui, heureusement pour lui, l’écouta très attentivement, touchée par la souffrance émanant de son cher petit garçon. Sans tarder, elle décida de l’emmener chez le docteur des ricochets, appelé aussi orthophoniste. Il trouva cette dame vraiment très gentille et rassurante. C’est à ce moment là qu’il apprit qu’il souffrait de bégaiement, et qu’il n’était pas seul dans ce cas. Alors c’est le cœur rempli d’espoir et tous les sens en éveil que chaque mardi après-midi il se rendait dans son cabinet pour travailler.

A la maison, aux devoirs scolaires vinrent donc s’ajouter les exercices de l’orthophoniste. Pour lui, ce n’était pas un problème, il aimait les devoirs. Mais très vite, il comprit que malgré la bonne volonté de ses parents, le temps leur manquerait pour s’en occuper assidûment. Entre leur travail, sa sœur qui entrait dans l’adolescence et le petit dernier qui commençait à trotter partout, il voyait ses parents sans cesse débordés. Mais il ne baissa pas les bras pour autant car une autre idée commença à germer dans sa tête.

Source Pinterest
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Il la mis à exécution un jeudi, le jour de la semaine où il déjeunait chez sa tatie. Alors qu’ils étaient dans la voiture, en route pour l’école, il se lança :

-Tatie ?

– Oui, mon poussin ?

– Tu sais, l’orthophoniste, elle m’a donné des exercices à faire à la maison.

– C’est bien. Et tu les fais ?

– Ben non, on n’a jamais le temps…

– Ah…

– Tatie, on pourrait les faire les jeudis ?

– Bien sûr !

– On mangerait vite et après on les ferait.

– D’accord mon poussin.

– Bon, ben, j’amènerai mes fiches et il faudra les plastifier.

– Pas de problème. Tu m’expliqueras comment faire pour les exercices, d’accord ?

– D’accord tatie !

Pendant que le cœur de sa tatie se serrait, le sien se faisait plus léger. Souriant, il était prêt à affronter une nouvelle après-midi d’école. Redac-transparent-turquoise

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Le passé dans les tripes

Ding dong ! Fébrile, elle pousse la porte de la boutique. A l’entrée, un rideau d’air chaud vient s’abattre sur elle chassant immédiatement toute dernière trace de frilosité. Elle regarde vers le comptoir pour saluer les vendeuses, mais celles-ci ne la remarquent pas, affairées qu’elles sont à étiqueter, plier ou à encaisser. Quelque part, elle se dit que c’est bien comme ça. Elle préfère de loin qu’on la laisse tranquille pour faire le tour des rayonnages.

Dans la boutique, il fait bon, les lumières brillent, la musique n’est pas trop forte et les vêtements sont parfaitement rangés par taille, par couleur et par collection. Elle est méthodique, n’a pas de temps à perdre, aussi, comme à chaque fois, elle s’avance rapidement vers les portants indiquant sa taille. Là, comme un réflexe, ses yeux se portent vers les couleurs neutres, le noir, le gris, le blanc… Pourtant, elle sait très bien qu’elle devrait porter davantage de couleurs plus gaies, d’ailleurs Chéri le lui dit quelques fois. Il paraît que ça lui va bien. Alors, elle fait l’effort et ouvre les yeux sur le violet qui lui paraît un bon compromis, le bleu assorti à ses yeux et le discret kaki. Mais le rouge, le jaune et l’orange sont au-dessus de ses forces.

Petit à petit, son bras gauche se charge d’habits à essayer…

Mais soudain, ce qu’elle redoutait arrive. Cette vieille sensation désagréable qui lui tord le ventre, son cœur qui s’emballe, cette angoisse qui lui serre la gorge et qui lui fait regarder tout autour d’elle à la recherche du panneau « Toilettes ». Au début, elle ne comprenait pas pourquoi, à chaque fois qu’elle rentrait dans un magasin de vêtements, elle se sentait si mal, pourquoi ses intestins se mettaient en vrille et qu’elle était obligée de sortir rapidement. Quoi de plus banale, en effet, pour la plupart des gens, que de s’acheter des vêtements. C’est même pour beaucoup une partie de plaisir, un moment agréable. Qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ?

Aujourd’hui, elle le sait, elle l’a compris, et elle essaye de vivre avec. C’est son passé qui lui colle à la peau, un vieux traumatisme qu’elle tente d’effacer peu à peu. Mais ce dernier à la dent dure et à bientôt 40 ans, elle n’en est pas encore totalement débarrassée, même si il y a des progrès.

Ce traumatisme prend sa source dans sa plus jeune enfance et se poursuit à l’adolescence jusqu’au jour de son mariage. Elle n’éprouve envers lui aucune rancune, mais force est de constater que c’est bel et bien son père qui en est le principal instigateur. Il ne voulait pas leur acheter de vêtements, à elle et à ses frère et sœur. Alors, on leur en donnait. Des vêtements d’occasion, qui avaient été porté et reporté, qui étaient dépassés. Leurs couleurs ne lui plaisaient pas et leurs coupes étaient rarement seyantes. Combien de fois, n’avait-elle pas pleuré en se regardant dans le miroir, vêtue de ces habits sans charme ? Elle se souvient de la honte qui était la sienne quand elle lisait la moquerie dans les yeux des enfants, à l’école.

Sa maman, mère au foyer, essayait tant bien que mal de palier à cette situation, dont elle-même souffrait. Pour ce faire, elle passait des heures et des heures sur sa machine à coudre ou sa machine à tricoter. Ces efforts étaient dignes d’éloges et adoucissaient quelque peu le désarroi de ses enfants.

Si, enfant, cette situation était dure à supporter, à l’adolescence elle est devenue insupportable. Elle se souvient de son unique jean qu’elle portait du lundi au samedi et qu’elle lavait le dimanche pour le reporter dès le lundi suivant, et ainsi de suite.

N’ayant pas d’argent de poche, elle dû attendre ses 16 ans pour pouvoir travailler pendant les vacances scolaires et ainsi recevoir ses premières payes totalement consacrées à l’achat de vêtements. Elle pouvait enfin porter des vêtements à la mode, qui lui plaisaient et dans lesquels elle n’avait plus honte. A cette époque, elle pensa que ses soucis vestimentaires n’étaient plus qu’un mauvais souvenir.

Pourtant, ce problème refit surface au moment où elle s’y attendait le moins. Ce jour là, elle était heureuse, elle allait bientôt se marier et était sur un petit nuage. Les préparatifs allaient bon train quand son père lui tendit son cadeau de mariage, un chèque d’une jolie somme. Ravie de sa générosité qu’elle connaissait si mal, elle l’embrassa avec affection, les yeux embués de larmes. Mais ce qu’il lui dit alors la glaça. La regardant droit dans les yeux, il lui dit : « Utilises cet argent pour la cérémonie, mais je t’interdis d’acheter ta robe de mariée avec. » Le charme était rompu…

Aujourd’hui encore, elle ne comprend pas l’attitude de son père, son rapport si ahurissant au vêtement, ce qui le poussait à agir ainsi. Ce qu’elle sait, par contre, c’est que ça a laissé des traces au plus profond de son être…

Source Pinterest
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Cette promesse qu’elle garde au fond de son cœur…

Elle se souvient de ce jour-là avec une intense précision et les questions qui l’assaillirent alors viennent encore, de temps en temps, lui triturer l’esprit. Elle aimait tant ce rituel quotidien qui la rassurait, que lorsqu’il cessa il lui manqua cruellement, même si il ne la concernait pas directement.
Ce rituel quotidien, elle le revoit encore avec une netteté incroyable. Elle l’avait découvert le jour où elle avait discrètement suivi ses parents le long du couloir jusqu’à la porte d’entrée. Chaque jour, après le déjeuner, alors qu’eux, les enfants, étaient encore attablés devant leur dessert, son père et sa mère s’éclipsaient pendant quelques secondes pour s’embrasser tendrement avant de se séparer pour la journée.
Elle se rappelle qu’à la vue de ses parents ainsi unis, son cœur s’était mis à battre plus vite, ses joues avaient rosies, ses lèvres avaient esquissé un léger sourire et ses yeux lui avaient piqué. Leur moment d’intimité quotidienne la rendait heureuse.
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Mais vint ce jour-là, celui qu’elle aurait préféré ne pas voir se lever. Elle ne comprit pas immédiatement ce qui se passait. Son père était déjà dans le couloir que sa mère était toujours dans la cuisine. Elle la regarda s’attendant à la voir abandonner sa tâche pour le rejoindre. Mais, la bouche pincée, le visage fermé, sa mère resta là, avec eux, alors que la porte d’entrée se refermait sur son père qui allait travailler.
Ce jour-là, son ventre se mit à se tortiller, sa gorge se serra, et elle retint un cri. Après son moment de stupeur passé, elle leur chercha des excuses, se disant que le lendemain, tout rentrerait dans l’ordre, que la danse continuerait comme d’habitude.
Mais le lendemain, la musique ne retentit pas. Le rituel était bel et bien brisé. Et les jours suivant ne firent que le confirmer. Ce jour-là, la petite fille romantique qu’elle était perdit un peu de ses illusions, et se fit la promesse de toujours embrasser son Chéri quand il la quitterait pour la journée. 
Une promesse qu’elle a quelques fois du mal à tenir, mais qu’elle garde précieusement au fond de son cœur…

" Tu as vu, papa ? J’ai eu 19/20 ! " …

Assise à son petit bureau d’écoliers, elle regarde la maîtresse écrire à la craie blanche sur le beau tableau noir. Tous ses sens sont en éveil. Elle est avide d’entendre, de comprendre, de mémoriser toute cette connaissance qui afflue chaque jour. Elle s’applique, prend soin de ses livres et de ses cahiers. Elle fait attention à ses fréquentations, s’entourant d’autres filles qui lui ressemblent, des filles qui travaillent bien à l’école. Mais cela ne l’empêche pourtant pas de temps en temps, d’envier l’insouciance de celles qui mettent l’ambiance, qui sont populaires, qui la font sourire timidement par leurs bêtises ou leur effronterie.
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Le soir, quand elle rentre de l’école, elle prend à peine le temps de goûter que déjà la voilà dans sa chambre. Elle ouvre son cartable, sort son cahier de textes et commence sans rechigner ses devoirs pour le lendemain. Elle fait ses exercices de mathématiques, lit son livre de lecture suivie, s’entraîne pour la prochaine autodictée, apprend sa leçon d’histoire ou de géographie tout cela sans interruption. Elle s’octroiera un peu de repos quand ses devoirs seront terminés et son cartable préparé pour la journée du lendemain. 
Oui, c’est une petite fille studieuse peut-être un peu trop sérieuse. Tous les maîtres et les maîtresses qu’elle a eus jusqu’à présent ont toujours donné d’elle de bonnes appréciations. Sur son carnet de notes, on peut lire ces expressions qu’elle connaît par cœur  » bon travail « ,  » bonne participation en classe « ,  » élève sérieuse et appliquée « . Ses notes sont bonnes, comme le veut son papa. Oui, il veut qu’elle soit toujours dans les cinq premiers de la classe. Alors, jour après jour, tout au long de l’année scolaire, elle s’évertue à répondre à son attente. Même pendant les grandes vacances, chaque matin, elle fait docilement les exercices de son cahier de vacances pour être prête pour la rentrée de septembre.
Elle ne se plaint jamais de ce rythme intense. Elle trouve cela normal. Et puis, elle veut lui plaire, elle cherche son approbation, souhaite déceler dans ses yeux du contentement, de la fierté. D’ailleurs, au bout du compte, c’est cela qui lui pose le plus de problème, qu’elle trouve le plus difficile à atteindre comme objectif, beaucoup plus compliqué que ses devoirs scolaires aussi complexes soient-ils. Comment le satisfaire ? Elle a beau faire, elle a l’impression de ne jamais pourvoir y arriver. 
Et puis un jour, elle en aura marre, elle baissera les bras, jettera l’éponge. Ce jour là, c’est celui où toute joyeuse elle lui aura tendu sa toute dernière interrogation et lui aura dit : 
 » Tu as vu, papa ? J’ai eu 19/20 !  » 
Et lui, il lui répondra laconiquement : 
 » Pourquoi tu n’as pas eu 20 ? « …

Le temps d’un trajet…

Assise sagement dans la voiture aux côtés de ses frère et sœur, son papa au volant, elle regarde émerveillée sa maman maquiller ses lèvres. Sa maman ne sort jamais sans être maquillée. Ses yeux sont bleus, mais elle aime les farder d’azur. Un trait de crayon noir lui fait des yeux de biche. Et sur les lèvres, le maquillage se fait plus discret. Seule une petite touche de brillance rosée les met en valeur dans la lumière du jour. Qu’elle est belle avec ses long cheveux auburn qui lui retombe jusqu’au creux des reins ! Comme toutes les petites filles, elle est intimement convaincue d’avoir la plus belle maman du monde.
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Sa maman est fin prête, et voilà qu’elle lui tend son brillant à lèvres.  » Tiens, mets toi s’en un tout petit peu « , lui dit-elle à son plus grand plaisir. Comment a-t’elle deviné que c’est justement ce dont je rêvais, se dit-elle. Elle en conclue alors très logiquement que les mamans ont le don de lire dans les pensées des petites filles. Toute fière et émue à la fois, elle applique délicatement un peu de brillant sur ses lèvres. Et les yeux remplis de gratitude et de complicité, elle le lui rend pour qu’elle puisse le ranger bien précieusement.

Heureuse, elle regarde la vitre constellée de gouttelettes d’eau, souffle doucement pour voir la buée s’y former et dessine avec son doigt un petit cœur tremblotant. Romantique et rêveuse, elle s’imagine des histoires de prince charmant au pays des rêves qui viendrait la prendre par la main et l’emmener sur un beau cheval blanc. Mais ce n’est que des histoires pour bercer les petites princesses, elle le sait bien, elle est lucide. Et de toute façon, où l’emmènerait-il ? Pour le moment, elle se sent très bien entourée par un petit frère qui suce son doigt et sa petite sœur a qui maman lui laisse même donner le biberon. Et puis, elle a encore besoin de la protection de son papa et de sa maman, car le monde est bien trop grand pour elle et il lui fait un peu peur aussi. Maman dit toujours qu’il ne faut jamais répondre à un étranger ni accepter des bonbons d’une personne qu’on ne connaît pas. Il doit y avoir des raisons à cela, mais elle n’ose le lui demander impressionnée par le sérieux et l’intensité avec lesquels sa maman le lui interdit.
Doucement, la voiture s’arrête mettant un terme à ses rêveries. On est arrivé à destination…

Déception d’enfant

Elle regarde la pendule, réfléchit un instant et, toute fière de savoir enfin lire l’heure, comprend qu’il est temps de sortir sur le balcon. Elle est toute excitée. Elle veut le guetter. Il va arriver. 
Dehors, l’air est frais, mais il ne pleut pas, c’est si rare. En bas, le parking est presque plein. C’est normal, c’est l’heure du déjeuner. Des voitures roulent lentement à la recherche d’une place encore disponible. Et enfin, elle repère sa voiture qui se gare.

Vite, elle rentre dans l’appartement et crie à tue-tête :  » Maman, papa est arrivé ! « . Elle court dans le couloir. D’un coup sec, elle ouvre la porte d’entrée. Elle est si pressée, et l’ascenseur bien trop lent à arriver, alors elle dévale les marches des escaliers quatre à quatre. Arrivée en bas de l’immeuble, elle  se met à courir en direction du parking. 
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Elle l’aperçoit enfin. Il est sortit de la voiture et ouvre le coffre. Elle est si fière de son papa. Il est si beau et paraît si fort dans son uniforme kaki. Légèrement essoufflée, les joues en feu, elle se trouve enfin à ses côtés. Et soudain, elle se sent gauche, intimidée, ne trouve pas les mots. Elle espère un sourire, un regard, un bisou, une main tendue. Mais elle n’aura rien de tout ça… 

Il la regarde à peine, et lui tendant un sac rempli de provisions lui dit :  » Tiens, portes-moi ça.  » Obéissante, elle tend la main et se saisit du sac. Elle est déçue, et ressent de la honte en même temps. Elle espère que personne ne l’a vu, que personne ne puisse deviner qu’elle est bouleversée. Pudique, elle le gardera pour elle, ne se plaindra pas. De toute façon, peut-être ne mérite-t’elle pas davantage d’attention…

Elle est trop petite pour lui trouver des excuses, pour comprendre qu’il est fatigué, qu’il a des soucis, qu’il a la tête ailleurs. Un jour, elle le comprendra…