Quand la beauté fait peur…

C’est l’été dans le midi de la France, on entend les cigales chanter, l’air embaume le thym et le romarin, et le mistral n’en fait qu’à sa tête.

Aujourd’hui, elle va mettre au monde son tout premier enfant, une fille, lui a-t-on dit. Elle est heureuse mais angoissée aussi. Angoissée ? Pourquoi ? Pour l’accouchement ? Oui, certes, mais pas seulement. Non, ce qui, tout au long de sa grossesse, l’a angoissé c’est de savoir qu’elle portait dans son sein une fille. Plusieurs fois, elle a même demandé à Dieu dans ses prières qu’Il puisse faire en sorte que sa fille ne soit pas trop jolie. C’est vrai ça, quelle mère souhaiterait mettre au monde une petite fille belle à croquer ?!

Mais Dieu peut-il exaucer ce type de prière ? Quand après de nombreuses heures de labeur, elle peut enfin tenir contre elle son bébé, elle se dit que oui, Dieu a bel et bien répondu favorablement à sa requête, car sa fille n’est décidément pas ce qu’on pourrait appeler un beau bébé… Les années passant ne vont cesser de la rassurer sur le physique de sa chère petite fille qui se révèle totalement banal.

Mais voilà qu’un jour, elle voit sa fille devenue adolescente, marchant à quelques mètres devant elle, se faire klaxonner et siffler par une bande de garçons en voiture. Comment est-ce possible ? Sa fille tellement banale capterait-elle le regard des jeunes hommes ? Pendant les mois qui suivent, elle assiste alors impuissante à l’incroyable métamorphose, le vilain petit canard devient un cygne majestueux, la chenille un papillon, sa petite fille une belle adolescente. Elle a beau lui interdire de se maquiller, de se lâcher les cheveux et de se raser, la vêtir avec des habits démodés, rien n’y fait. A l’école, dans le voisinage, dans les campings, dans les magasins, elle ne peut que constater les regards admiratifs que pose sur elle la gent masculine.

Ces vieilles angoisses refont alors surface et elle comprend que Dieu n’est en aucun cas intervenu en sa faveur. Mais pourquoi la beauté la met-elle si mal à l’aise ? Est-ce de la jalousie ? De la peur ? Soudain, sa propre adolescence lui saute à la gorge. Elle se souvient de ses parents l’obligeant à surveiller étroitement sa plus jeune sœur. Cette petite sœur qui, contrairement à elle, faisait fondre le cœur des garçons et qui collectionnait les aventures sans lendemain. Ses parents se faisaient tellement de soucis et elle, étant l’aînée, essayait tant bien que mal de jouer son rôle de protectrice au grand dam de sa cadette. Tout cela va-t-il recommencer ?

Il lui faudra du temps pour accepter et apprivoiser cette nouvelle jeune femme à la beauté discrète. Mais le temps aidant, la confiance se faisant apaisante, elle y arrivera et se surprendra même à en ressentir une certaine fierté.

 

Source Pinterest
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Pourquoi j’ai du mal avec tes sms, maman ?

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Comment réagir face à une chose que tu as, des années durant, espérée, guettée, rêvée et qui, soudain, alors que tu ne l’attendais plus, apparaît brusquement dans ta vie ?

Comment réagir quand, patiemment, courageusement, au prix de multiples efforts, tu as réussi tant bien que mal à te passer de cette chose, pourtant si essentielle, et que, sans rien demander ni réclamer, là, maintenant, on te la propose sur un plateau, comme si de rien n’était, comme si c’était tout naturel ?

Maintenant que toi, tu as appris à vivre sans, maintenant que tu t’es fait à l’idée que cette chose serait absente de ta vie, maintenant que ce n’est plus vraiment un problème, comment accepter ce revirement de situation ?

Vous allez me dire, mais c’est génial, ton rêve s’est enfin réalisé, profites-en ! Et vous auriez raison bien entendu. Mais malheureusement, des sentiments contradictoires, des émotions opposées me submergent à cette idée.

Tout a commencé par ce maudit portable. A 59 ans, elle n’en avait jamais eu, c’était son premier. Je lui ai appris à s’en servir. Elle a découvert les sms… Ah ces sms… Oh ses sms… C’est eux la source de tout mon mal être aujourd’hui. Pourquoi me direz-vous, peut-être ? Pourquoi se sentir mal quand ta maman t’écrit de gentils petits mots tout doux, quand elle t’appelle « ma petite chérie » et j’en passe ? Est-ce parce qu’à 39 ans, c’est la première fois que je la vois exprimer ainsi ses sentiments à mon égard ? Est-ce parce que, jusqu’alors, je ne l’ai jamais connu tendre et affectueuse ? Que je n’ai aucun souvenir d’un « je t’aime », d’un bisou, d’une main dans la main, d’une caresse ou d’un geste tendre de sa part ?

Je ne lui en veux pas. Elle est comme elle est et  j’ai appris à l’aimer ainsi. Elle a été et est toujours d’ailleurs une excellente mère, une femme pleine de valeurs et de principes qu’elle a très bien su m’inculquer. Ensemble, on peut discuter des heures au téléphone ou autour d’une tasse de thé. Pour tout cela et bien d’autre choses encore, je la remercie du fond du cœur. Mais j’avoue me sentir incapable de répondre à ses sms sur le même ton. Je n’y arrive pas. Je suis complètement bloquée. Lui dire « je t’aime », « ma chérie »… m’est tout bonnement impossible.

Du coup, le problème c’est qu’après je me culpabilise. Je me dis la pauvre que va-t-elle penser de ma froideur dans les mots. Mais je ne peux écrire ces mots-là. Je n’ai pas appris à les utiliser dans ce cadre là. Je me sens handicapée affectivement avec elle.

Pourtant j’espère y arriver… J’espère pouvoir lui dire « je t’aime » un jour. Et je sais que le plus vite sera le mieux, car la vie passe si vite et les années s’écoulent à une rapidité telle que mon angoisse grandit à l’idée de la voir partir sans que j’ai pu le lui dire… Peut-être a-t-elle raison, après tout, autant se le dire par sms si on n’arrive pas à se le dire de vive voix. Oui, je pense que cela serait un bon début.

Et si je lui écrivais un sms comme : « Coucou, maman ! Je t’aime, tu sais… »

Déception d’enfant

Elle regarde la pendule, réfléchit un instant et, toute fière de savoir enfin lire l’heure, comprend qu’il est temps de sortir sur le balcon. Elle est toute excitée. Elle veut le guetter. Il va arriver. 
Dehors, l’air est frais, mais il ne pleut pas, c’est si rare. En bas, le parking est presque plein. C’est normal, c’est l’heure du déjeuner. Des voitures roulent lentement à la recherche d’une place encore disponible. Et enfin, elle repère sa voiture qui se gare.

Vite, elle rentre dans l’appartement et crie à tue-tête :  » Maman, papa est arrivé ! « . Elle court dans le couloir. D’un coup sec, elle ouvre la porte d’entrée. Elle est si pressée, et l’ascenseur bien trop lent à arriver, alors elle dévale les marches des escaliers quatre à quatre. Arrivée en bas de l’immeuble, elle  se met à courir en direction du parking. 
Crédit photo Pinterest

Elle l’aperçoit enfin. Il est sortit de la voiture et ouvre le coffre. Elle est si fière de son papa. Il est si beau et paraît si fort dans son uniforme kaki. Légèrement essoufflée, les joues en feu, elle se trouve enfin à ses côtés. Et soudain, elle se sent gauche, intimidée, ne trouve pas les mots. Elle espère un sourire, un regard, un bisou, une main tendue. Mais elle n’aura rien de tout ça… 

Il la regarde à peine, et lui tendant un sac rempli de provisions lui dit :  » Tiens, portes-moi ça.  » Obéissante, elle tend la main et se saisit du sac. Elle est déçue, et ressent de la honte en même temps. Elle espère que personne ne l’a vu, que personne ne puisse deviner qu’elle est bouleversée. Pudique, elle le gardera pour elle, ne se plaindra pas. De toute façon, peut-être ne mérite-t’elle pas davantage d’attention…

Elle est trop petite pour lui trouver des excuses, pour comprendre qu’il est fatigué, qu’il a des soucis, qu’il a la tête ailleurs. Un jour, elle le comprendra…

Le pouvoir d’un sourire

C’est dans ma plus tendre enfance que j’ai découvert le pouvoir d’un sourire.
Quand je souriais aux autres enfants et même, quand j’osais, aux adultes, je voyais soudain la métamorphose se produire : leur visage s’éclairait, leur yeux pétillaient, et leur bouche s’élargissait pour me rendre à leur tour, pour mon plus grand bonheur, un sourire.
Le sourire devint alors pour moi un « sésame ouvre-toi » qui me donnait accès aux trésors de l’amitié, de la complicité

En grandissant, je devins une adolescente de nature gaie et souriante, ce qui me valu d’ailleurs le surnom de « Colgate » de la part d’un de mes professeurs…

Plus tard, parce que je souriais au travail, combien de fois ai-je entendu mes collègues me dire : « La plus heureuse, c’est bien toi… ».


Et aujourd’hui, les choses n’ont pas changé…
Pourquoi je vous raconte tout ça… 
Tout d’abord, parce que je suis convaincue que la vie serait bien plus agréable pour tout le monde si on ne se retenait pas de sourire toutes les fois qu’on en a envie.
Ensuite, parce que le sourire est excellent pour la santé et le moral.
Et enfin, parce que le sourire nous rend  plus beaux et plus belles.
Allez… faites moi votre plus grand sourire !!!